‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 20 sur 352 · Test, polit. ^ t. I, chap. ii, sect. I, p · texte numérisé non relu

Test, polit. ^ t. I, chap. ii, sect. I, p

il sa propre expérience ; c'est le commentaire fait par un observateur qui a été lui-même aux prises avec les difficultés de la vie pratique, qui en a vécu les détails et qui en a souffert. Cette page de lui reflète une impression personnelle, le souvenir amer des premières années de gêne dans ce misérable évêché de Luçon, où « sa noblesse ne pouvait paraître » pas plus que son rang s'affirmer par les marques extérieures de la dignité. L'excellent P. de Grenade n'avait point prévu le cas de la noblesse pauvre, et pour lui la splendeur delà maison était synonyme delà qualité du sang; Richelieu qui savait le contraire en a souligné discrètement d'un seul mot le démenti ironique que lui en avait fourni la vie ; mais avant qu'il n'écrivît ce mot « d'ordinaire » qui passe inaperçu pour le lecteur non prévenu, le jeune évêque réduit à « s'avouer gueux », malgré son nom, a dû sourire tristement dans son logis délabré en lisant le vers cruel du poète cité par son maître *

Avant son épiscopat même, Richelieu a subi son influence, sinon comme doctrine, ce qui échappe à notre compétence, au moins comme enseignement ; il a certainement connu, en plus des préceptes sur la prédication renfermés dans le Traité des évêqnes -, le Traité de la rhétorique ecclésiastique du même auteur qui était classique à l'époque de ses études théologiques et alors qu'il s'exerçait à la paranétique 3. Le P. de Grenade, aussi remarquable commeorateur que comme théologien, avait été le plus célèbre prédicateur de son temps, et avait le premier porté la discussion dans la chaire ^ ; il serait téméraire d'avancer que Richelieu a

1. Le revenu annuel de l'évêché de Luçon élait de 13.000 livres, chiffre minime eu égard aux revenus des autres cvêchés (M. Boissonade, Les revenus de V Evêché de Luçon, Bull. hist. et phil. du comité des trao. hist., 1894, p. 182).

Dans son Testament politique, Richelieu est revenu sur cette question de hi pénurie des prélats au sujet de la Régale prétendue sur eux par la Sainte-Chapelle, mais d'une façon aussi réservée, bien que là aussi, elle fût amenée par des souvenirs personnels. Le Parlement avait eu à connaître, en effet, en 1608, d'un procès pour une question de régale sur l'évêché de Luçon ; soit dit en passant, et comme une nouvelle contribution à la thèse de l'abbé Lacroix, voilà une autre preuve de la pari qui revient, dans la doctrine du Testament politique, à l'expérience acquise par Richelieu pendant son administration épiscopale. (Test, polit., t. I, chap. ii, sect. IV, p. 138 et 139.)

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