‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 21 sur 352 · P. 206 et suiv · texte numérisé non relu

P. 206 et suiv

3. p. de Grenade, L'orateur chrétien... traduit par Binet. (Edit. abbé de Baudry.) 1851, t. L Avertissement, p. ix.

4. A. de Puibusque, Hist. comparée des littératures espagnole et française, t. L p. 170 et 470.

puisé chez lui sa tendance à convaincre plutôt qu'à émouvoir, et à user presque exclusivement de la puissance de la dialectique ; son tempérament d'offensive et ses qualités natives l'y portaient assez sans cela ; mais on ne peut méconnaître leurs affinités sur ce point ^ et s'il n'y a eu là qu'une simple coïncidence, elle mérite d'être signalée, ne fût-ce que pour expliquer la prédilection de Richelieu pour le théologien espagnol, prédilection qui était relevée ironiquement plus tard par un ennemi personnel '-^ et dont la Briefve instruction seule fournirait une preuve.

Elle était partagéeparsaintFrançois de Sales qui prêcha à la cour en 1602, et plus tard en 1618, à Paris, où il était lié d'affection avec le P. Suffren, saint Vincent de Paul, et le doyen de la faculté de Théologie, André Duval, tous trois amis de Richelieu ^, et le témoignage qui ressort de sa déclaration à son sujet ajoute une nouvelle force à notre thèse, surtout si on la rapproche du fait que la recommandation de Richelieu aux prêtres et aux fidèles de son diocèse vise Vlntroduclion à la vie dévote *, en môme temps que l'œuvre du P. Grenade ^.

« Ayez Grenade tout entier, écrivait saint François de Sales, et « que ce soit votre second bréviaire. Le cardinal Borromée n'a- « vait point d'autre théologie pour prêcher que celle-là, et néan- « moins il prêchaittrès bien ; mais ce n'est pas là son principal « usage ; c'est qu'il redresse votre amour à la vraie dévotion et à « tous les exercices spirituels qui vous sont nécessaires. Mon « opinion serait que vous commenciassiez à le lire par la Grande

1. Les points de contact vont plus loin : le P. de Grenade a écrit un Traité de la méthode d'enseigner les Infidèles pour les convertir a la foy... imprimé à la suite du Catéchisme ou introduction au symbole de la foy.,. (trad. du P. Simon Martin, Lyon, 1659, p. 1639) —Or ce titre ne rappelle-t-il point celui du Traité qui contient la méthode la plus facile et la plus assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de l'Eglise, le dernier ouvrage de Richelieu, paru peu après sa mort ? Celui ci est, il est vrai, un livre de controverse, alors qvie celui du P. de Grenade est un simple catéchisme abrégé destiné aux rois païens des Indes orientales, mais à part la différence du but commandée par les circonstances, l'analogie n'en est pas moins frappante, et vient s'ajouter aux autres considérations de rapprochement des deux auteurs.

2. Resolutiones magistrales Qaaestionum Quodlibeticarum mense Decemhri, anni Î625 111™° Cardinali Richelieu dedicatarum... Parisiis, 1626, p. 6.

3. Hamon, Vie de saint François de Sales, Paris, 1911, p. 225, 228, 441, 442,

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