‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 203 sur 352 · P. GriflFet, Hist. du règne de Louis XIII, t. I, p · texte numérisé non relu

P. GriflFet, Hist. du règne de Louis XIII, t. I, p

3. Ihid.y t. I, p. 458 et 459. «Ceux qui poui- s'estre portez à bride abattue à « des violans excez dej trahison, ont receu sur un honteux eschafaut le juste a payement de leurs mefifaicts serviront de caveçon, pour refréner les déréglées « passions de ceux qui peu affectionnes à leur patrie ne cherchent que sa « perte..., L'Espée courageuse des vrays François, 1625, p. 5 et 6. L'abbé Dedouvres, p. 213, a vu à tort dans ce passage une allusion à la condamnation du Mystcria politica et de VAdmonitio.

considérations sur le « masque de religion des mauvais François ^ ».

Le troisième opuscule ^ d'un auteur inconnu, comme les deux précédents, est certainement le plus curieux de cette série ; une allusion très vague, il est vrai, à une trahison permettraitpeut-être de le rattacher, par l'affaire de Gouvernon, à VEspée courageuse ; comme celui-ci, il est une harangue guerrière comparable par sa virulence au Soldat françoisy mais avec une exaltation confessionnelle d'une imagination qui laisse derrière elle toutes les élucubrations qu'un cerveau makde a pu, dans cette époque de fièvre, « faire imprimer et étaler aux yeux de tout le monde ». Si n«us le citons ici, c'est comme le prototype de ces pièces isolées qui ont dû le jour à un souffle de passion ou de démence, mais qui n'ont pas pris place dans l'Histoire, à l'inverse de toutes celles que nous avons citées jusqu'ici ; il suffira d'en reproduire sans commentaires quelques phrases :

« Il y a 600.000 ga vaches qui ne demandent qu'une occasion ou « plutôt qu'un chef pour se retirer du labourage de Gazen, des liui- « leries de Canope, et de la servitude d'Egypte. Le peuple d'Ar- (( ragon nous y exhorte, Saragosse nous y convie, les Catalans (( nous y souhaitent, le Roussillon parle déjà François, la Navarre « se veut recognoistre et la Biscaye est perdue et esperdue tout « ensemble »... Et il terminait en présentant la guerre contre l'Espagne comme une croisade sainte... contre des juifs, « ceux de Castille et de Portugal »... contre des Mahométans... « ceux de Galice et Grenade... » Lorsque le cardinal a feuilleté cet opuscule apporté d'un air sardoniquement mystérieux par Fancan, il n'a dû moins faire cfiie de se dérider pour un moment, et oublier VAdmonitio et les jésuites...

Nous avons passé rapidement en revue à peu près toutes les pièces saillantes de la première phase de la polémique de VAdmolùlio ; les autres ne présentent qu'un intérêt épisodique secon-

1. Response d'un Gentilhomme, français aux demandes d'un cavalier curieax 9ur le subjcct de la guerre d'Italie, 1625, p. 8 et 9.

2. Discours d' Estât où il est prouvé (jue le Roy Louis XIII doit entreprendre la çfaerre en l'Espagne mesn\e, et l'assaillir jusqu'au souverain période des victoires que Dieu luy destine, 16'25.

(laire ; le lecteur les retrouvera clans leurs sections respectives ; telles sont : la Response à l'Admonitio et VAdvis au Roy sur le libelle diffamatoire d'un admoniteur exécrable sans nom qui prennent place à côté du Catholique d Estât ; — les pièces qui marquent la polémique personnelle entre le cardinal et les jésuites français par la plume de leurs tenants, les documents qui se rattachent directement et exclusivement à l'Assemblée du Clergé; et enfin quelques autres factums qui neprésententpas de caractéristiques spéciales permettant de les faire rentrer dans un de ces cadres principaux.

Celui qui est occupé par le Catholique d Estât et ses dérivés détient la première place d'abord au pointdevue chronologique, ensuite comme importance par l'origine, la forme, le but et les conséquences de la pièce qui en est le centre ; aussi commenceronsnous par lui dans l'étude plus détaillée qui va suivre.

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