‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 207 sur 352 · Le Miroir..., p. 4 à · texte numérisé non relu

Le Miroir..., p. 4 à

DU CARDINAL DE RICHELIEU 29o

sobre avec laquelle il était lui-même mis en cause, et solidairement avec les autres ministres ^ (une assertion dont l'écrivain connaissait l'inexactitude) suffit assez à le prouver.

Cette part est encore plus visible dans certaines parties, et notamment pour ce qui concerne les protestants ; cette question était liée intimement à celle des Jésuites, mais elle était autrement délicate à traiter que celle-ci ; si d'après la tactique de Richelieu, il n'y avait point de ménagements à garder avec ces derniers qu'il a livrés en pâture à la plume féroce de Fancan, il n'en était plus de même des autres, car il fallait, tout en les rassurant, justifier par des raisons sérieuses un rapprochement entre la cour et eux, mais sans se faire taxer soit de sympathies inavouables ou de connivence, soit de crainte dans le désir de conciliation avec le parti.

L'affirmation formelle des sentiments religieux de l'Etat était pour cela indispensable, et elle est de Richelieu seul, avec son jeu de mot caractéristique de « l'eschole », dans ce passage dont le ton sérieux et la forme serrée détonnent dans la forme alerte et fantaisiste de Fancan, et dont la comparaison avec le reste rappelle d'une manière frappante ce que nous avons dit de leur différence de tempérament : « Or, si jamais les Zelez eurent « occasion de ne retomber en ces erreurs et horreurs, c'est main- « tenant qu'il a pieu à Dieu, par une grâce céleste, donner à la « France un Roy tres-Chrestien, une Royne mère très-pieuse, et « un Conseil très-Catholique, qui n'est ny Espanhol ny Huguenot, « ne respirans unanimement que la conservation de la religion « et de l'Estat^ ».

On peut en dire autant de l'exposé de la politique extérieure et de la situation alarmante des alliés de la France ^, où l'on peut voir une réminiscence de la Ligue nécessaire ; il servait à justifier la mansuétude de la couronne pour la Rochelle par des considérations supérieures de patriotisme qui venaient s'ajouter aux raisons invoquées plus haut en faveur de l'emploi des voies de douceur. Mais Richelieu n'entendait point paraître baisser pavillon, surtout au moment où la rébellion de Soubise et de Rohan était sur le point d'être réduite ; et il a pris certainement la plume

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