Ibid., p
pour écrire les deux passages qui suivent, et où sa personnalité s'affirme à deux reprises dans la forme avec ce pronom personnel qui apparaît pour la première fois dans le Miroir, suivi d'une expression t3^pique que nous avons déjà signalée, et où perce une tradition scolastique inconnue à Fancan : « ... J'advoùe que les « Huguenots se peuvent facilement ruiner au point où ils sont ; « mais je sousdens qu'il est tres-dangereux de l'entreprendre en « ceste rencontre de temps, que les affaires du dehors sont plei- (( nés de périlleux inconvénients, tant pour ceste Couronne que « pour nos Alliez. Je sçay bien que le Sainct Siège priera Dieu « pour les armes du Roy, et qu'il luy conseillera de ne se point « arresteren si beau chemin, ses interests l'obligeant à parler de « la sorte ; mais les judicieux François soustiendront qu'il est « plus certain pour sa Majesté de tolérer, que de tout bazarder «f pour les vouloir perdre prématurément. »
« Je suis d accord que c'est chose fâcheuse de leur laisser des (( villes d'ostagcs... ^ »
Plus tard, lorsque la polémique s'aigrissait, les adversaires de Richelieu lui imputaient le Miroir, surtout dans deux pamphlets violents - ; l'un d'eux donnait même sur lui un détail curieux avec des précisions : d'après l'auteur, lors de la publication des licences d'impression accordées par l'Assemblée du Clergé, Léonor d'Estampes, l'évêque de Chartres, tout dévoué à Richelieu, aurait donné son visa à l'ouvrage, sans tenir compte de la censure dont il avait été l'objet au registre des Edits, et sans la faire connaître et la soumettre à l'Assemblée du Clergé ; en présence de ce visa ainsi donné subrepticement, le Procureur du roi n'aurait pas osé déférer le livre au prévôt de Paris qui n'aurait pu moins faire que de le condamner au feu, place de Grève 3. Nous ignorons quelle est la vérité sur cette anecdote, inventée peut-être à plaisir, mais il est de fait que le Miroir soulevait une tempête de haines. Le second pamphlet ne réclamait pas moins pour l'auteur et son œuvre que les peines de l'Inquisition réservées aux hérétiques : le livré cloué au pilori du Tibre, et l'écrivain condamné à porter un an et sept semaines la tunique grise du Saint Office ornée