Briefve instruction
« guide des pécheurs ; puis que vous passassiez au Mémorial^ et « enfin que vous le lussiez tout *. »
Il est donc extrêmement vraisemblable que Richelieu a puisé dans ce livre, à l'époque de son épiscopat, où son étude était la plus opportune, et qu'il s'est inspiré de ses conseils : la trace doit s'en retrouver dans la Briefve instruction. C'est ce qui a lieu dès le titre lui-même de cet ouvrage, car la première recommandation du P. de Grenade aux évêques porte sur leur « devoir à enseigner aux peuples à se confesser » ^.
Richelieu a suivi également les autres dont la principale est la Prudence « l'abesse des autres vertus, suivant le mot de S. Ber- « nard », dit le P. de Grenade, « et la qualité la plus nécessaire à « un évêque parce qu'elle dirige toutes les vertus et la charité a mesme... qui les conduit toutes, et qui sait trouver ce milieu en « quoi elles consistent ; qui sçait apporter ce tempérament à la « Charité mesmes, et empêcher que quelquefois sa ferveur ne « dégénère en une chaleur indiscrète. »
Le théologien espagnol va plus loin, et il généralise en appliquant cette qualité supérieure à la politique, avec une justesse et une hauteur de vue remarquables ^.
Or, avec la Prudence, cette vertu que le P. de Grenade place au premier rang pour les manieurs d'hommes dans un ordre quelconque, nous retrouvons la caractéristique du génie de Richelieu, caractéristique dont les manifestations se résument dans la me-
1. Lettres spirituelles de saint François de Sales, Liv. I, Lett. XXXIV du 3 février 1603, p. 193. (P. Touron, Hist. des hommes illustres de tordre de Saint- Dominique, Paris, 1747. t. IV. p. 590.)