‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 217 sur 352 · Le Catholique d'Estat, p. 127 et · texte numérisé non relu

Le Catholique d'Estat, p. 127 et

séparant de celui-ci, leur prodiguant des éloges ^ déclarant « les « révérer en leur qualité très-haute, et les honorer en leur conduite très recommandable » ; seul, un homme d'Etat a pu accentuer sa personnalité dans la forme, avec le ton d'autorité dont il dit M admirer leur ordre et la passion qu'ils ont de pousser tou- (( jours avant la grandeur de leur Estât. »

Ce long passage ^ se signale du reste par une particularité typique: on peut le supprimer du texte, sans que la plus petite faille vienne déceler son absence; la liaison des idées devient au contraire, sans lui, plus naturelle et plus logique. 11 n'}- a donc pas d'équivoque possible; le lecteur est en présence d'une véritable interpolation, due très vraisemblablement à Richelieu lui-même; un détail matériel vient, par sa précision, le confirmer; dans VAdvis d'un théologien sans passion, paru deux ans plus tard et continuant la série du Catholique d'Estat, l'on retrouve plus accentuées, et avec un développement plus considérable, mais exprimées avec des termes analogues, les mêmes considérations du respect pour les personnes et l'entourage des princes qui étaient mêlés à cette polémique; or, ce dernier ouvrage était écrit exclusivement par le seul Mathieu de Morgues, sous l'inspiration directe, la surveillance et en partie de la main de Richelieu lui-même ; il ne peut donc y avoir de doute sur l'origine du passage en question.

Dans le Miroir du temps passé, Fancan avait pris pour cible les religieux au sujet de leur immixtion dans le domaine de la politique, et son pamphlet n'est au fond que le développement de cette idée; le Catholique d Estât la reprenait, non seulement en l'appliquant aux théologiens, mais, cette fois, en généralisant; et cette différence dans les vues vient encore ici confirmer ce que nous avons dit plus haut sur la divergence de tempérament du pamphlétaire et de Richelieu. Ce dernier ne se bornait pas, comme Fancan, à une contingence; aussi n'hésitons-nous pas à lui attribuer aussi l^sdeux pages dans lesquelles il exposait, à ce sujet, la nécessité d'employer exclusivement un chacun dans sa spécialité, et à l'en-

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