P. Garasse, op. vii., p
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Pelletier était déjà connu par quelques livres catholiques dont le premier avait valu à Jannon, son imprimeur, un protestant, une aventure rapportée par l'Estoile et qui, soit dit en passant, n'est pas à l'honneur des sentiments de tolérance religieuse dont les Maistres de Charenton se faisaient gloire '. Depuis, il avait publiée l'occasion delà mission du légat Barberin, et en le lui dédiant, le Discours sur l'heureuse conservation de la Paix entre les Princes Catholiques ^ ; il y rappelait l'autorité du cardinal du Perron ^ auquel il s'était attaché à la suite de sa conversion et dont il avait défendu les idées par un ouvrage lors de sa polémique avec le roi de la Grande-Bretagne. Pour répondre au Catholique d'Estat, il empruntait à son ancien protecteur le maître et le controversiste admiré de Richelieu, le titre * et les idées de son Apologie pour les Jésuites ; l'inspiration était malheureuse dans son ironie trop transparente, et pour la compléter, ne s'avisait-on pas d'étaler en première page la rubrique « avec privilège du Roy » que portait V Apologie du cardinal du Perron parue en 1614, comme pour faire pendant à la « permission » qui complétait le titre du Catholique d Estât ? Dans le fond, V Apologie était aussi peu adroite que dans la forme, et les jésuites étaient tombés grossièrement dans le panneau. Se disculper alors que le Catholique d' Estât ne prononçait pas même leur nom, et s'indigner contre des calomnies muettes ! Ils allaient même plus loin dans l'imitation servile de la tactique de cet ouvrage, en feignant de croire que le cardinal de Richelieu était complètement étranger à ce livre, et ils dépassaient les bornes en déclarant que les cardinaux visés (une allusion au cardinal de La Rochefoucault) « ne ressem- « blaient pas àces nouveaux champions qui se forgentdes monstres « pour les combattre comme s'ils ne pouvaient se faire valoir par
1. La conuersion du sieur Pelletier à la foy catholique, en laquelle il représente an naïf les vrayes et infaillibles marques de l'Eglise contre les opinions des Calvinistes, Paris, 1609, in-8o. Haag, Ln France protestante, Jannon.
2. Paris, 1625, l'ouvrage avait déjà paru en latin sous le litre : De pace inter principes catholicos tuenda, per T. Pelleterium, Lutetiœ Parisiorum, 1625. Pelletier était pensionné du Clergé, et le rappelait dans ce factum de 32 p. où il le louait entre autres de «n'espargner aucune despence pour l'enlretenenient des « ministres, à qui Dieu faict la grâce de se ranger au giron de l'Eglise. »