Ibid.,p
4. Apologie ou Defence pour les Pères Jésuites contre les calomnies de leurs ennemis, par le sieur Pelletier. A Paris, chez Sebastien Cramoisy, 162^. Avec privilège du Roy.
« autre moyen que de feindre dcvS Apologies en faveur de celuy « qu'on n'a jamais songé de blâmer '^ ». Si Ferrier était pris à partie comme l'un de « ceux qui parlent des jésuites sans les « cognoistre, et qui sous le spécieux prétexte d'escrire en faveur « du Souverain, veulent faire passer pour oracles toutes leurs « inepties ^ », Fancan avait aussi sa part, ainsi que Mathieu de Morgues, qui avait été novice des jésuites à Avignon et avait quitté Tordre pour un motif inconnu ; si le reproche « d'absence de retenue » et « d'invectives » s'adressait au premier comme au second, c'était bien au transfuge qu'allait celui « de vivre avec les « propres ennemis de leurMaistre, comme s ils n'avaient jamais <( à se réconcilier et à devenir amis, surtout quand il y a quelque « chose à desmeler entre des personnes qui se touchent de près, « soit de consanguinité, soit d'alliance ^. » Nous verrons tout à l'heure que Mathieu de Morgues les méritait tous deux, et dans un autre chapitre, que Pelletier avait été pour une fois bon prophète.
h' Apologie était un véritable désaveu de VAdmonitio par les jésuites français, mais un désaveu maladroit, car le soin qu'ils prenaient de séparer leur cause de celle de leurs confrères étrangers, tout en prononçant le nom de Boucher, prouvait à lui seul que ceux-ci étaient bien responsables de V Admonitio ; s'ils écartaient avec soin du débat la personnalité de Richelieu de même qu'ils essayaient de réduire la portée des attaques de VAdmonitio contre lui (et il faut rapprocher cette manœuvre de celle de la Response, un autreouvrage que nous verrons bientôt), en revanche ils ne ménageaient point celle de Ferrier, auquel pour conclure, ils reprochaient énergiquement ses anciennes croyances, son avidité au gain et l'odieux d'avoir sacrifié d'anciens amis, et de les avoir calomniés pour son profit.
La répartie était facile ; si les jésuites éprouvaient le besoin de se défendre, alors qu'ils n'avaient pas été désignés par Ferrier, ils se sentaient donc coupables, et dans ce cas, pourquoi ne s'être pas disculpés par écrit ? Nous avons parlé de la campagne qui avait provoqué V Apologie ; entre temps, l'Assemblée du clergé