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avait été saisie de la question, et l'on verra plus loin les incidents auxquels cette affaire donna lieu dans son sein; V Examen de r Apologie paraissait à son ouverture et elle était faite pour dissiper toute équivoque sur les insinuations des jésuites au sujet du Catholique ciEslat ; tout en accablant leur avocat, et lui reprochant de compromettre ses clients, elle faisait en effet sonner bien haut à qui l'on s'attaquait, en s'attaquant au Catholique d Estât ; le roi lui-même l'avait commandé, l'avait lu, l'avait agréé avec son conseil ^ ! Pour qui connaît Richelieu, la solidarité complète qu'il a toujours affirmée avec Louis XIII, sa jalousie profonde du pouvoir suprême, il n'y a point de doute ; cette déclaration ne comportait aucune réserve ; il n'était pas homme à mettre un tiers entre le roi et lui, et le ton de la fin était d'une menace sans réplique possible ; il y règne un tel accent d'autorité cassante que cela seul nous inclinerait à l'attribuer à Richelieu, sans insister sur la discrétion avec laquelle sa défense personnelle y est présentée 2. Il y a là dedans du Riche-lieu, et aussi du Fancan et du meilleur, dans ce libelle à la forme châtiée, un véritable petit chef-d œuvre de riposte, où l'ironie parcourt toute sa gamme, depuis la pitié hautaine jusqu'à la moquerie dédaigneuse.
L'auteur ne défendait pas seulement Ferrier et le Catholique d' Estât ; il en faisait autant de Fancan et du Miroir dû « à un homme qui dit sa messe tous les jours ^ » ; au fond, et en résumé, c était solidariser le cardinal de Richelieu et même le roi avec le chanoine pamphlétaire ; si elle disait la vérité, la déclaration était imprudente, et nous verrons plus loin qu'elle était soigneusement retenue et mise à profit.
Il ne restait plus aux jésuites qu'à dire qu'ils avaient compris la menace ; ils le firent dans un petit factum '^ qui clôt ce horsd'œuvre ; bien averti. Pelletier terminait le débat par un libelle discret, le ramenant aux proportions d'une simple querelle personnelle de ministres convertis ; à le lire entre les lignes, on y
1. Examen d l'Apologie du sieur Pellelier pour les Pères Jésuites^ p. 9, 16, 42, 48. 49, 51.