Sapiens francus, 1626, p
A côté de la France au désespoir, se place VAdvis au roy sur le libelle diffamatoire d'un Admoniteur exécrable sans nom, 1625 (in 8° 23 p.), paru avant la condamnation au feu de VAdmonitio{p. 19). Comme l'ouvrage de Mathieu de Morgues, dont il rappelle l'allure oratoire ampoulée et confuse, et auquel on pourrait l'attribuer, s'il n'était signé D. V. P., il a été écrit sous l'inspiration du Miroir du temps passé auquel il fait allusion, p, 20, et il est dû, en tout cas, à un ami de Fancan. Dirigé ouvertement contre les Jésuites, il les rend responsables de VAdmonitio, en les accusant de préparer un nouveau Ravaillac, et il eonseille au roi de choisir pour confesseur « un bon docteur de Sorbonne, qui « n'aye d'autre desseing que de bien confesser, autre interest que votre salut, « et le sien autre but que l'ignorance des affaires de vostre Estât, privé de « l'haleine étrangère » (p. 21] ; l'on retrouve systématiquement cette idée dans l'œuvre de Fancan : (Fagnicz, Fancan et Richelieu, 1911 : Auis à Richelieu, p. 40, et Advis au Roi, p. 43) ; quelques mots de ce passage de VAdvis au Roy paraissent même textuellement empruntée à une lettre anonyme de 1621 attribuée au P. Joseph par Aveuel, et restituée à Fancan par M. Fagniez, Le P. Joseph et Richelieu, t. I, p. 99 ; Avenel, Lettres, t. I, p. 685, note I. Nous ne faisons que mentionner cet opuscule, car il n'eut pas de suite, et passa inaperçu dans cette polémique ; son auteur serait il ce De Villiers que le P. Garasse signale à propos de YAdmoniiio avecFaucan et quelques autres, comme un de leurs plus ardents ennemis, Flistoire des Jésuites de Paris, p 70, et ce personnage est-il le même que De Villiers-Saint-Genest, écuj'^er de la reine mère, dont il est question dans la Correspondance de Richelieu ? Remarquons en passant à ce sujet l'éloge de la reine qui Cguie au début de VAdois au Roy, p. 5 et 6.
nifeste pas seulement par sa tactique ; l'ensemble des ouvrages que nous venons d'examiner la met suffisamment en relief ; elle éclate encore dans la variété des mo} ens dont il usait pour créer un mouvement d'opinion en faveur de ses idées contre l'Espagne, et l'on peut la constater dans plusieurs ouvrages accessoires ; nous nous contenterons d'en citer trois qui sont typiques à ce point de vue.
La Cassandre française ^, qui n'a par elle-même aucune valeur, et que nous citons ici, bien que datée de 1626, empruntait son titre à l'un des pamphlets les plus violents et les plus efficaces ^ parus alors contre le maréchal d'Ancre, et dont le retentissement avait jadis été assez grand pour provoquer une plainte du favori contre le Parlement auquel il reprochait son indulgente partialité pour ces attaques ; ce serait peut-être aller trop loin que d'attribuer sans restriction à Richelieu l'idée d'exploiter le souvenir exécré du maréchal d'Ancre en réveillant ainsi la haine populaire, mais l'hypothèse est vraisemblable ; Fancan avait déjà usé du procédé dans la Voix publique, avant de l'appliquer dans le Miroir, et le coup avait porté, car la Fauîce glace le lui reprochait avec aigreur.
Pour la France revenant en santé ^, il y a moins d'incertitude ; l'on a vu plus haut qu'un des soucis de Richelieu à son arrivée au pouvoir avait été la recherche des financiers, et que la France en convalescence avait été inspirée par lui, comme un appel à l'opinion qui était sûr de trouver un écho populaire. La question était toujours d'actualité ; Richelieu la reprenait, et l'exploitait encore, mais en la faisant servir cette fois de préface à un réquisitoire contre l'Espagne ; c'était dans une forme inverse de celle de la Cassandre ; le titre seul était légèrement modifié, mais sans changer le texte suivi maintenant de quelques nouvelles pages consacrées à la politique ; cette addition sous la rubrique la France parlant au Roy, précédée d'un mauvais huitain contre les Jésuites, était due à de Morgues ; l'auteur de la France au désespoir a signé cette adjuration d'une trivialité violente qui sent la