‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 252 sur 352 · Pielra del paragone politico · texte numérisé non relu

Pielra del paragone politico

3. La Bibliothèque choiaie de M. Colomies, Paris, 1731, p. 205.

4. Pierre de touche politique tirée du mont de Parnasse, où il est traitté du gouvernement des principales Monarchies du monde. Traduite en français de Vitalien de Trajano Boccalini. Paris, Villery, 1626. Avec privilège du roi. (Le Privilège est du 10 décembre 1625.) V. sur Boccalini une note dans le Nodœana, Paris. 1701, p. 58.

5. Pelisson, Histoire de l'Académie française, Amsterdam, 1717, p. 379. — Olivet, l'feid., Amsterdam, 1730, p. 117.

6. De Boisselle, Recherches historiques curieuses et remarquables, Paris, 1723, ^.102.

7. Apologétique, ou défense des Chrestiens contre les accusations des Gentils, ouvrage de TeriuUien, mis en français par Louis Giry, Paris, 1635.

8. « .. Opprimer ses voisins sous prétexte de religion... Par la comparaison « du passé peuvent juger du présent... » (Advertissement à tous les Estais de l'Europe, Paris, 1625, Epître, f" 7. r^.)

« qui a toujours eu l'intérest de Dieu et de l'Eglise en la bouche, « et ne l'a jamais eu dans le cœur . »

Dans son œuvre immense, une centaine de lignes représentent bien peu de chose, en elles-mêmes ; mais outre qu'elles servent à montrer son esprit de ressources, et apportent une contribution aux origines de l'Académie française, elles mettent en scène Giry dont Richelieu utilisera bientôt à nouveau les talents de traducteur.

Si la violence de ses comparses compromettait Richelieu, elle servait aussi à ses desseins en faisant ressortir par comparaisor la modération du Catholique cV Estât vis-à-vis des Jésuites ; mai^ il faut remarquer qu'aucun des écrivains que nous venons de voii n'était sorti, dans leurs attaques contre eux, du domaine des idées et que leurs accusations étaient uniquement destinées à émouvoii l'opinion publique et non pas à provoquer des sanctions de la par des pouvoirs.

Un nouveau libelle remarquable, les Considérations d'Estat ^ obéissait, au contraire, à ce dernier objectif, avec une tactiqu< nouvelle qui était le contre-pied de celle de Richelieu ; il attaquai de front l'Ordre des Jésuites, mais en visant surtout directemen les Jésuites français, qu'il rendait responsables de VAdmonitio, eu et leur doctrine, en leur reprochant d'avoir voulu fomenter um seconde Ligue, et en évoquant leurs luttes anciennes devant 1 Parlement dont il réclamait l'intervention. L'ouvrage paraissai au lendemain de la censure de la Faculté de théologie ^ et de 1; Sorbonne et après V Apologie de Pelletier ^ ; déjà la question d' VAdmonitio avait été posée devant l'Assemblée du Clergé : nou anticipons donc en examinant ici les Considérations d'Estat, mai il le fautpourexpliquer l'attitude du Parlement et son interventio]

1. Considérations d' Estât sur le livre publié depuis quelques mois sous le tilti d'Avertissement au Roy, 1625, in 4". L'ouvrage avait trois autres éditions in-8 l'une en 1625, les deux autres eu 162G ; nous nous réféi-ous ici à la seconde. 1

2. Ibid., p. 10. La délibération avait lieu le 26 novembre ; la censure éta rendue le l^"" décembre. '

dans les débats de l'assemblée du clergé auxquels est consacré le chapitre suivant.

Dans une allusion au Catholique J'Es/a/, l'auteur reprochait leur tiédeur à certaines réponses faites à 1*^4 (//7ionz7zo : «Je nescay, di- « sait-il, comment il advient quelquefois que ceux qui se donnent « la peine d'y faire des responses n'apportent à cela ny tant de « courage, ny tant d'ardeur : soit que la probité ne soit point si (( agissante ny si véhémente que la scélératesse, soit qu'ils crai- « gnent de tomber tout à fait dedans la haine et la rage de ceux qui « sont intéressés i ».

Ce trait classerait, en apparence, l'auteur « resté inconnu ^ » dans la catégorie des indépendants ; il fait bien penser à Fancan qui dans ses pamphlets contre Luynes et ses successeurs, surtout dans \a Voix publique, reprochait jadis à Richelieu sa tiédeur et ses compromissions avec la faction espagnole ; de nombreux éléments semblent de même avoir été puisés dans le Miroir du temps passé 3 ; mais les points de contact s'arrêtent là ; ni le tempérament ni le style ne sont ceux de Fancan, pas plus que de Mathieu de Morgues, et une particularité que nous verrons plus loin empêche d'ailleurs, indépendamment de tout le reste, de regarder l'ouvrage comme sortant du cabinet de Richelieu. Il faut chercher l'auteur parmi les parlementaires, gallicans et sorbonniens forcenés, ennemis acharnés des Jésuites, peut-être un assidu du cabinet fondé par de Thou, un milieu dont les échos parviennent à Richelieu, mais dans lequel aussi pénètrent ses idées, apportées par des familiers comme Ferrier. Aussi, malgré la critique de la mansuétude du Catholique cVEstat pour les Jésuites, n'est-il pas étonnant d'y retrouver sinon l'influence de Richelieu, au moins une communauté de vues remarquable avec lui, sur certains points que ni Fancan, ni Le Guay, ni Mathieu de Morgues n'avaient même effleurés ; elle est même si complète, que, malgré la hardiesse de l'hypothèse, l'on se demande s'il n'est pas, pour ceux-là

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