‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 253 sur 352 · Considérations d' Estât, p · texte numérisé non relu

Considérations d' Estât, p

2. Fagniez, L'opinion publique et la presse politique sous Louis XIII, p. 381. Geley, 0/). cit., ne mentionne pas cet ouvrage.

3. Citons seulement ses reproches au P. Arnoul sur ses intrigues (Considérations d'Estat, p. 36), ses conseils au Roj»^ au sujet de ses confesseurs (ihid., p. 25), un cliché qui revient comme une obsession sons la plume de Fancan.

tout au moins, le reflet de la pensée intime de Richelieu confiée à un tiers d'une discrétion éprouvée.

Dans son ensemble, la thèse de l'auteur n'était autre que celle du Miroir et de la France au désespoir^ mais en limitant aux Jésuites son réquisitoire, et en le portant sur le terrain spéculatif à la barre du Parlement ; il les montrait exerçant, en dépit des lois, leur influence par leurs collèges, leur ingérence insidieuse dans la Cour et les afl'aires publiques, au seul profit de l'Espagne à laquelle ils sacrifiaient la France de propos délibéré, et dont la suprématie temporelle était pour eux le gage de la puissance spirituelle de l'Eglise ; à l'inverse du Catholique dEstat, il ne séparait pas, en leur attribuant VAdinonilio \ les Jésuites français de leurs confrères étrangers. Les PP. Coton, Arnoux et Suffren étaient comme dans celui-là désignés ouvertement, mais ils étaient loin d'y être cités « par honneur ». Sa menace de l'exécution des arrêts du Parlement contre les Jésuites rentre trop loin dans les vues de Richelieu, qui voulait à tout prix leur soumission, pour n'être pas frappante. Pour combattre leur doctrine, le Catholique d'Estat s'appuyait avec une insistance ironique sur l'autorité du P. Mariana, « grand amateur de la vérité, Espagnol, « mais sans passion » : les Considérations d'Estat rapprochaient [ au contraire, sans artifice, la doctrine « digne d'exécration » du même Père de celle de VAdmonitio, en montrant combien celle-ci ,. la dépassait ^ ! La communauté de l'effort ne pouvait aller plus ! loin dans la variété du procédé.

Nous avons constaté, à l'examen du Catholique d Estât, le soin avec lequel certaines questions épineuses avaient été laissées de côté, notamment celle du pouvoir temporel du Pape, à laquelle la situation d'hostilité imminente de la France avec la cour de Rome donnait un caractère aigu d'actualité ; le principe seul de la séparation des pouvoirs spirituel et temporel chez les puissances catholiques 3^ avait été posé et défendu. L'auteur des Considérations d'Estat les abordait, au contraire, de front, et l'on ne peut moins faire que de remarquer l'identité de ses vues avec celles que Richelieu a exposées dans le Testament politique et dans les

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