Considérations d'Eslat..., p
Mémoires ; dans ses considérations sur la dualité du pape comme souverain temporel et chef de l'église, l'auteur inconnu, « en vray catholique », instruit à distinguer entre la puissance « spi- « rituelle et séculière ^ », disait-il, apportait un tact et des ménagements pour la personnalité du Pape qui reflètent des préoccupations analogues à celles qui ont dû assaillir Richelieu dans sa dualité d'homme d'Eglise et d'homme d'Etat. Elles semblent une paraphrase du passage du Testament politique sur « l'obéissance qu'on doit rendre au Pape - ». Si l'on prend les Mémoires, deux mots sur le défaut de garantie politique que donnerait pour l'avenir la parole du Pape ^ ne peuvent être mieux traduits que par cette phrase des Considérations d'Estat : « Outre que nous n'avons point « lettres que tous ceux qui viendront après luy ayant les mesmes « sentimens, aussi scavons-nous qu'ils ne sont point toujours « maistres absolus de leurs bonnes intentions. Ils sont souvent « violentez, et font plus ou moins qu'ils ne veulent ^. »
Il serait trop long de citer toutes les idées de l'auteur analogues à celles de Richelieu ; nous en relèverons seulement une, qui est typique, sur la bienveillance marquée de la cour de Rome pour la force, l'un des ressorts de sa conduite ^ ; elle n'avait alors rien que de très logique, du reste, car elle était la conséquence pratique de la fameuse maxime : Potestas omnis a Deo que le régalisme invoquait lui aussi et qui avait été la base, dénaturée plus tard, du statut primitif des Eglises nationales.
Il n'est point de corde dans cette polémique, que Richelieu n'ait essayé de faire vibrer ; aussi, bien qu'il ne l'ait point inspiré, ce factum a pu néanmoins rentrer dans ses vues. Sûrement il ne lui