Considérations d'Estat. , p. 55 et suiv
prouve que la main de l'auteur des Principaux points de la Foy n'avait pas passé parla ; le Miroir du temps passé et la France au désespoir n'avaient jamais touché pareille corde ; quant au Catholique d'Estat, il avait eu grand soin de faire ressortir les titres de Louis XIII à la reconnaissance des catholiques avec l'affaire du Béarn et la guerre religieuse de 1621, et de flétrir la rébellion protestante de Rohan et de Soubise, avant de présenter la paix avec les protestants comme une nécessité uniquement politique à l'exclusion de toute considération de croj^ances *. L'on voit combien ferme était le terrain sur lequel s'était placé Richelieu avec son Cabinet, pour résister aux reproches de l'Af/monzVzo basés sur la question confessionnelle, et combien il différait de celui où se tenait l'auteur des ConszV/eVa/zons politiques. Comme on va le voir, Richelieu se gardait du reste d'en sortir, dans la campagne de presse spéciale qu'il consacrait à la question des protestants pour justifier par avance la Couronne de la paix qu'elle se préparait à leur concéder, comme à son corps défendant^ par le traité de Paris
Cette campagne comportait, entre autres, deux ouvrages dus à la plume de Drion, déjà connu pour avoir fait jadis contre Luynes, en faveur de la reine mère, quelques pamphlets qui l'avaient conduit à la Bastille ; cette circonstance avait sans doute attiré sur lui l'attention de Richelieu qui agréait ses services comme écrivain. Son premier ouvrage, dûment autorisé, le Discours au Roy sur la paix quil a donnée à ses subjects de la Religion prétendue réformée^ paraissait en octobre 1625, après VAdmonitio *, vers la même époque que le Catholique d' Estât; il le complétait en quelque sorte, car s'il avait pour but de justifier le roi de ses pourparlers de paix avec les protestants, il était surtout destiné au parti catholique ; il n'était qu'un développement de la thèse du Catholique d'Estat sur l'alliance protestante de l'intérieur ; les motifs qu'il invoquait étaient ceux de la nécessité politique jointe à l'obligation morale de la charité, de la supériorité pratique des voies de douceur sur une répression sanglante dont l'expérience avait montré l'inuti-