Qua-slioncs, XIX, p. 5, et l.YUv
d'apparence naïve qui cachent d'ingénieuses ripostes à la manœuvre habile du Catholique d' Estât, et à ce titre seul, il mérite de figurer en tête de ce chapitre. Richelieu avait abrité sa responsabilité derrière celle du roi : « Pourquoi la chasse loin de la Cour est-elle recommandée aux Rois ? ' » demandait l'auteur des Quœstiones ; et en effet, sous quelle inspiration Louis XIII étaitil éloigné des affaires publiques pour se livrer à son divertissement favori ? La phrase est à retenir, car dans tous les pamphlets qui suivront, ce sera le mode de justification du roi par les adversaires de Richelieu ainsi rendu seul responsable de la direction politique de la France. Quoi de plus habile de leur part que de ne point renier leur influence sur l'esprit du roi dirigé par eux, mais en montrant qu*elle était annihilée par le fait qu'il était systématiquement écarté des affaires et que, par suite, on ne pouvait l'incriminer pour une politique à laquelle il restait étranger ? Ce détail seul prouverait que les Jésuites n'étaient pas étrangers au pamphlet ; en tout cas, celui-ci ne contribuait pas peu à redoubler contre euxla surexcitation produite par VAdmonitio, surexcitation que leurs ennemis entretenaient soigneusement.
Comme pour VAdmonitio, le P. Garasse était le bouc émissaire tout désigné ; il a conté dans ses Mémoires l'acharnement avec lequel il en fut chargé ; un poète se faisait même l'écho de la clameur publique et traduisait l'indignation sorbonnienne dans un pamphlet en vers latins -, où le fameux jésuite y était traité d'héritier et d'imitateur de Ravaillac, et où figuraient ses confrères, les PP. Eudemon Johannes, Coton, Arnould et Seguiran.
Les controversistes sérieux, précédés par les Quœstiones et autres pamphlets sur lesquels nous reviendrons plus loin, entraient dans la lice avec deux thèses importantes, raisonnées et