‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 285 sur 352 · Jubilus..., p · texte numérisé non relu

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cause de l'Espagne; il commençait indirectement par eux, en faisant le procès de La Rochelle, de son orgueil, de son particularisme, en montrant le danger de ce foyer de rébellion pour l'unité nationale; la menace n'était plus dissimulée comme dans ssi Response au Manifeste du sieur de Soubize ; il prononçait cette fois l'arrêt irrévocable de condamnation du boulevard du protestantisme, et s'il exprimait l'espoir que la vieille cité ne donnerait pas l'occasion de sévir contre elle-même, il en disait assez sur ses traditions d'indépendance et d'hostilité systématique au pouvoir royal, pour se laver de la tache que ses adversaires avaient voulu faire à son nom en lui donnant le titre de « vicaire général de La Rochelle ».

Ce début, intentionnellement placé comme un hors-d'œuvre, était suivi d'un panégyrique de la reine mère et du roi auxquels son nom était associé, puis d'un résumé largement brossé de la campagne de presse qui semblait terminée par la solution pacifique des questions qui l'avaient provoquée. Nous n'avons fait que suivre les grandes divisions que Richelieu lui-même traçait dans cet historique ; la première série de libelles dérivant de VAdmonitio, dirigés contre le roi et « refutés par le stile du docte et judicieux Ferrier » ; la seconde caractérisée par une nouvelle tactique d'assaut dirigée cette fois contre Richelieu, pour atteindre le roi en sa personne, en le privant « d'un serviteur si courageux, si adroit et si désintéressé. »

Tout ceci n'était qu'un préambule pour aborder l'examen de l'œuvre du cardinal depuis son entrée au Ministère, et faire l'apologie de sa conduite, dont la faveur de Baradas faisait d'autre part une nécessité d'actualité. Il commençait par les affaires extérieures, et dans celles-ci, par la question la plus délicate, le mariage d'Angleterre pour lequel il avait pris le plus d'initiative et dont l'échec lui était, pour ce motif, plus sensible. Ses adversaires ne s'étaient pas trompés dans leurs sombres pronostics; Richelieu était obligé d'avouer que de ce côté « les événements étaient esloignez de « l'attente qu'on en avoit conçue*^ ». Le mode de justification par l'imprévu qui accompagnait l'historique des suites du mariage anglais ne peut être plus en dehors de la manière de Richelieu ;

1. Discours sur plusieurs points importants de l'Estat présent des Affaires de France au Roy, p. 13.

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pour qu'il y ait eu recours, il faut qu'il ait été bien désemparé devant cette faillite de tous ses calculs : le renvoi en France de la suite de la jeune reine (ce qui fixe le factum à la fin d'août 1626), la persécution des catholiques, l'hostilité haineuse du duc de Buckingham (sans le nommer), le dépit de la cour d'Angleterre d'avoir vu se réaliser, pour la plus grande force de la France, sa double paix avec les protestants et avec l'Espagne...

Ce qui suit est un cri de triomphe pour sa politique qui a réalisé cette double paix, « fruit de son industrie à conduire dextre- « ment une affaire si importante qui semblait ne se pouvoir ter- « miner sans faire bresche ou à la Religion ou à l'Estat ».

Le Discours n'est pas tout entier de Richelieu, car il y a trop de rhétorique étudiée et d'emprunts h la Bible qui rappellent le Catholique d'Estat ^ ; mais il l'a certainement revu soigneusement et y a mis du sien ; cette question d'attribution se pose naturellement ici, car lui seul, dont la main se révèle déjà dans l'âpre énergie des premières pages sur La Rochelle, a pu se défendre avec autant de précision du mauvais succès du mariage anglais ; lui seul était assez autorisé pour expliquer avec une telle réserve, dont les termes se reflètent dans ses Mémoires ', comment il a pu en un si glissant partage concilier « sa profession » et le respect dû à Sa Sainteté avec « sa résistance courageuse aux in- « tentions » de celle-ci.

Les événements survenus à l'intérieur avaient ensuite leur tour: sa lutte contre le frère du roi, la détention du maréchal d'Ornano, l'arrestation des frères naturels du roi, la condamnation de Chalais, la répression des duels, le souci des intérêts et de l'honneur de la noblesse, la création d'une Compagnie de commerce pour remplir la France des trésors de l'Inde.

Les difficultés que Richelieu avait rencontrées pour le mariage de Monsieur, les intrigues domestiques, intérieures et étrangères dans ce but, étaient longuement exposées 3 ; il insistait particulièrement sur le rôle qu'il avait joué dans cette affaire et sur la façon dont il avait dégagé sa responsabilité devant le roi, « ne jugeant pas à propos de se charger d'un si grand poids » ; le dernier

1. Discours sur plusieurs points.... Recueil de div. pièces.,, p. 3, 5, 6, 12,

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