Ibid., p. 265 el suiv
4 !bid., p. 272. Mémoires, l. III, p. 147 et 149. P. Gri£Fel, op. cit., t. I, p. 517 et suiv.
faisait inèiiic jour dans un pamphlet qui lui reprochait indirectement la mort du maréchal d'Ornano ^.
Il était enfin anormalement affecté dans sa santé déjà chancelante, dont le raillait l'Index, au point qu'il écrivait à Bouthilier dans un moment de dépression, en lui donnant quelques détails sur .sa maladie : « Sur mon Dieu, je ne peux plus faire la vie que je [fais sans mourir. »
Excédé par toutes ces menaces, il a soif de repos ; il a d'abord hâte de se laver des accusations de sj^mpathie pour le parti protestant, et de voir cesser la campagne contre sa politique à double fin dont le succès devrait, lui semble-t-il, mettre fin à l'hostilité du parti des « Catholiques zélés », mais il veut aussi se rapprocher de ceux-ci, dans une orientation nouvelle de sa politique que les premières pages du Discours ont précisée pour l'opinion publique.
Sa correspondance personnelle reflète son irritation devant la persistance de ces attaques ; dans une lettre du 29 juillet, il signale à Guron « un méchant livre qu'on dit qu'on a fait », et lui demande «d'avérer d'où vient cette fourbe 2»... Son cabinet subit aussi le contre-coup de cette activité inquiète et fiévreuse ; Richelieu déverse maintenant autour de lui son humeur sombre ; dans l'obsession presque maladive de ces pamphlets dont il ne peut découvrir et punir les auteurs, il arrive à en rendre responsables les écrivains à sa solde, comme les aj^ant provoqués ; peut-être la polémique cessera-t-elle s'il peut supprimer de son côté tout ce qui sert à l'alimenter ! Il se défie de ses tenants, et se plaint de l'intempérance de leur plume, en les reprenant vertement : « Il serait à désirer, écrit-il à f\n août au chevalier du Guet, à propos de l'affaire de Drion, « que chacun se melast de ses affaires, et ceux qui sçavent « s'aj^der d'une plume, comme les faiseurs de livres, serviroient « grandement le roy, et obligeroient bien fort ceux qui sont « auprès de lu3^ s'ils ne se mesloient point de parler de leurs « actions ny en bien en mal,veuque souvent leurs louanges blessent « autant comme leurs médisances. Que tout autant de per- « sonnes que j'ay peu sçavoir qui voulaient faire des livres en
î. P. Griffet, op. cit., t. I, p. 522. 2. Avenel, Lettres,.., t. II, p. 236.
« foveur du Gouvernement, je les a}^ priés de s'en abstenir ^ » De Morgues et Fancan ont eu certainement un avertissement sévère, comme ayant joué le rôle le plus important, et parleurs œuvres et par leur situation dans la maison du cardinal, qui leur a valu d'être regardés comme ses prête-noms et ses acolytes et les a désignés plus spécialement aux coups de ses ennemis ; ils ont maintenant tous deux, avec l'ordre de se taire, la mission quasi policière d'empêcher toute production pouvant provoquer une réponse des pamphlétaires. De Morgues, avec son caractère impulsif, répondait certainement à ces nouvelles instructions, lorsqu'il écrivait à Richelieu sa lettre du 14 août 1626 - ; elle nous permettra plus tard, d'établir la nature de ses rapports avec Fancan, et de préciser la situation de ce dernier dans le cabinet de Richelieu ; mais si nous la retenons ici seulement pour ce qui concerne personnellement l'auteur, elle confirme bien ce que nous venons de dire des collaborateurs du cardinal à cette époque. La menace du maître a passé par là ; il suffit de voir en quels termes l'aumônier de la reine mère s'abrite derrière « Monsieur de Fancan », et propose au cardinal de réfuter un nouveau pamphlet attribué à Marcel et qu'il avait arrêté dans l'œuf ; la soumission avec laquelle il offre au cardinal « sa plume qui s'est souvent présentée à vous », lui dit-il, « et qui a esté inutile jusqu*à présent », ressemble fort à un humble désaveu de tous ses écrits antérieurs ; sa délation de Marcel insuffisamment justifiée ^ n'est pas moins caractéristique, de même que l'exposé qu'il fait à Richelieu de sa propagande par la chaire et par ses visites aux membres du Parlement. Le cabinet du ministre est alors sous le régime de la terreur ; il y règne le désarroi et la défiance, un vent nouveau souffle dans les replis de la pourpre du cardinal las de se voir inféodé à ses anciens auxiliaires, et leur imposant le mot d'ordre correspondant à une situation nouvelle.
Elle s'était, en effet, modifiée ; l'attitude menaçante de l'Angleterre qui faisait mine de lier parti avec les huguenots de la Rochelle l'inclinait maintenant du côté de l'Espagne et surtout