Geley, op. cit., p. 307 et
sage, non seulement dans ses Mémoires, mais dans son Testament poliliqiie.
D'après Geley, Fancan aurait été victime du changement de politique de Richelieu, et sacrifié à l'inimitié du P. Joseph et à la raison d'Etat, à la veille de la campagne contre la Rochelle ^ ; cet auteur a surtout appuyé son opinion sur Tacte d'accusation de Richelieu dans ses Mémoires et sur quelques passages des pamphlets postérieurs de Mathieu de Morgues ; c'était résoudre le problème, à notre avis, en se plaçant à un point de vue trop exclusif et absolu ; même sans tenir compte de V Inventaire des papiers de Fancan inconnu à Geley, il est d'autres éléments d'appréciation qui permettent de conclure de façon différente.
Tous les documents mis à part, l'on constate d'abord, en se reportant en arrière, qu'avec le caractère de ces deux hommes uniquement rapprochés par l'intérêt, la rupture brutale devait] forcément se produire un jour'; ce que Geley a pris pour la cause, n'est qu'un élément dans les circonstances qui l'ont amenée. La connexité de leurs vues ne pouvait être que passagère : Richelieu envisageait seulement comme un moyen sa campagne de bascule entre les « catholiques zélés » et l'Espagne d'une part, et le parti protestant intérieur de l'autre, alors que pour Fancan elle était un but ; ils y avaient apporté, le premier, un tempérament politique supérieur sachant se plier aux nécessités du moment et exigeant de ses instruments la même souplesse ; le second, ses passions et ses rancunes personnelles ; celui-ci devait fatalement être brisé le jour où il refuserait de les sacrifier.
Richelieu lui avait pourtant donné l'exemple et tracé sa nouvelle voie le jour où il désavouait le Catalogus ; il s'était alors |î entouré de toutes les précautions possibles pour sauvegarder sa dignité et son amour-propre ; il avait pris grand soin de renier toute solidarité avec le « railleur indiscret » qu'il blâmait, de présenter les écarts de sa jilume comme très justifiés par les vio- J lences de ses adversaires ; mais la conclusion brutale n'en sub-| sistait pas moins : Richelieu avait fait amende honorable ! Pro-i nonça-t-il ce jour-là la condamnation de son trop dangereux î auxiliaire auquel il ne pardonna point cette humiliation ? Il estj permis d'en douter, après avoir interrogé Richelieu lui-même ;|