Test, pol., t. II, chap. vm, p
L'on a vu, dans le chapitre précédent, l'un des côtés de la crise qui affectait, à la fin du mois d'août 1626, le cabinet de Richelieu, alors que celui-ci, énervé par la maladie, obsédé par des attaques de plus en plus violentes, menacé par le duc d'Orléans, sapé auprès du roi, dépité de voir que le succès de sa politique de bascule n'avait pas fait taire ses ennemis de l'intérieur, se décidait à supprimer autour de lui tout ce qui pouvait alimenter la polémique et exciter ses adversaires. Le déclin de l'étoile de Fancan commence à cette époque ; il est alors annoncé par quelques détails typiques : l'un d'eux, déjà mentionné, est le subterfuge employé au moyen du Mercure français pour faire savoir au public qu'il n'est point le seul porte-paroles autorisé du cardinal ; celui-là est d'autant plus significatif qu^il est le reflet des préoccupations de Richelieu à l'égard de son pamphlétaire à la veille de la nouvelle orientation de sa politique ; il le visait sûi'ement, sans le nommer, dans sa sortie amère contre ses écrivains à la plume intempestive et compromettante ', aussi bien que dans ses réflexions sur l'aflaire de Dryon qu'il avait estimée assez grave pour la prendre lui-même en mains -. En présence de ses nouveaux desseins, tout le danger de la situation de Fancan dans son cabinet lui est apparu alors, d'autant qu'il n'ignorait rien de l'esprit d'intrigue audacieuse de son collaborateur, et de Fautorité indépendante et despotique qu'il lui avait laissée y prendre en lui accordant sa confiance ; sa défiance, éveillée à son égard par ce qu'il en savait, s'est peut-être encore accrue sous l'empire de révélations ou même simplement de suggestions auxquelles son changement de politique rendait son oreille accessible ; elles émanaient même peut-être en partie de son entourage. Le ton de dépendance, trop empressé et ra^'ant presque en déférence, emplo^'é par Mathieu de Morgues vis-à-vis de Fancan dans sa lettre à Richelieu ^, ainsi que la façon dont il invoque son témoignage, de même que la déclaration de Diyon, prouvent bien que Fancan est regardé comme le mandataire indiscuté de Richelieu ; mais les
1. Avenel, Lattres..., l. II. p. 255 et 256. 2.1bid., p. 240.