V. Appendice II
protestations de dévouement du premier et les plaintes du second qui en appelait au cardinal mieux informé, ne montrent pas moins clairement que, dans la maison, Fancan est autant redouté que le maître, et par son caractère et par l'abus qu'il a fait d'un pouvoir usurpé, grâce à sa situation privilégiée ; que devant cette explosion de la mauvaise humeur du maître, cherchant autour de lui une responsabilité, Fancan est désigné inconsciemment, du fait de leur insistance à s'abriter derrière lui, par ceux-là même qui jusque-là n'ont fait que lui obéir, et semblent maintenant s'en excuser. Les récriminations verbeuses de Dr3^on ont pu étonner
Chevalier du Guet, ignorant des intrigues qui se jouent dans la maison du Cardinal ; en réalité, elles laissent entrevoir la disgrâce prochaine de Fancan. A partir de ce moment, il est devenu suspect ; les yeux du Cardinal se sont ouverts., peut-être non pas sur les intrigues de Fancan qui ont servi sa politique et qu'il a feint d'ignorer, mais sur celles qui ont trait à ses affaires domes-J tiques et quasi personnelles ; le rapport du chevalier du Guet est singulièrement instructif sur ses agissements. Le concours qu'il avait demandé à Dryon pour faire aboutir un projet d'union entre le maréchal de Thoiras et a une parente du cardinal » n'était certainement pas un produit de l'imagination du malheureux inculpé. Le témoignage de Deageant est peut-être moins digne de foi, mais il est fort vraisemblable que celui-là non plus n'exagérait point en racontant comment Fancan, son frère Langlois, Ferrier et le maréchal d'Effiat faisaient une camarille autour de Richelieu, pour le circonvenir, l'isoler et lui imposer leurs idées *; l'ignorance dans laquelle le Cardinal aurait été ainsi tenu sur certaines questions expliquerait bien des points obscurs ; pour n'en citer qu'un seul, rentrant intimement dans notre sujet, il donnerait la clef delà remarque que nous avons faite plus haut sur la forme extérieure du Catalogus, qui synthétise bien cette situation.
Plus tard, Fancan devenu à la Bastille le voisin de chambre de Deageant, lui faisait des confidences qui n'étaient pas moins intéressantes ; elles s'ajoutaient à ce que ce dernier venait d'en dire et elles permettent d'en conclure que cette même coterie se livrait auprès de Richelieu, dans leur intérêt propre et à son insu, à des