Deageant, Mémoires, p. 323 et
à sa langue, il cantinuait à suivre le fil de ses intrigues, et dans le même sens que lorsqu'elles servaient autrefois la politique de Richelieu, sans qu'il en eût même peut-être la notion bien exacte ; mais les idées de Richelieu avaient évolué, et ce qu'il faisait maintenant était de la trahison. Voilà le grief capital du réquisitoire, celui auprès duquel tous les autres pâlissent et n'ont pour ainsi dire qu'un intérêt d'ordre moral.
Dans ses Mémoires, Richelieu n'a point fait de distinction, il est vrai, entre les deux époques, et lui a reproché lespionnage qu'il avait pratiqué « de tout temps » en faveur des protestants étrangers, en se servant pour cela « de l'entrée qu'il avait en diverses maisons des ministres » ; il ne pouvait moins faire que de généraliser, ne voulant pas avouer qu'il avait usé d'un pareil auxiliaire ; fort heureusement, VInveiitaire est là pour mettre les choses au point ; le soin avec lequel le commissaire enquêteur a noté exceptionnellement les dates des documents postérieurs à VAdvis d\m théologien saiis passion montre et l'importance toute spéciale qui leur était attribuée, à l'exclusion des autres, et le but réel de cette perquisition. Si les récriminations et les projets présentés contre le nonce et le pape pendant l'assemblée des notables ^ ainsi que contre les Jésuites ^ prouvent qu'à l'intérieur, Fancan n'avait pas désarmé contre eux et redoublait de violence ; les lettres des 8 ^ et 27 février *, et de mars ^ 1627, prouvent qu'il n'avait en rien modifié ses allures quant à la politique extérieure, et qu'il continuait à travailler sous main en faveur de l'alliance anglaise contre l'Espagne, contrecarrant ainsi en traître les nouvelles vues de son maître ^.
La colère de Richelieu était terrible, et dans l'acte d'accusation qu'il a donné dans ses Mémoires, il a déversé sur Fancan, avec une passion frémissante, des rancœurs longuement contenues ; l'on sent bien qu^il l'a subi uniquement par nécessité politique, et