Ibid , p. 10. I
6. Remonstrance de Caton Chrestien, 1631, p. 50. Div. pièces pour la défense'^ de la Rovne-mère... Anvers, 1643. L
et bien qu'il en fît remonter la responsabilité à Richelieu, on sent que celui-ci était loin d'avoir accordé par avance sa confiance à l'auteur et l'on peut en conclure avec assez de vraisemblance qu'ils avaient été écrits à son insu. Du reste, une déclaration ultérieure de Mathieu de Morgues, qui contredit quelque peu la première, est concluante; ainsi que nous l'avons dit, il réservait pour la fin l'examen des deux libelles de Guron, et avant d'aborder le dernier (VInnocence justifiée), il enlevait au cardinal toute participation dans cet ouvrage, en faisant pour les 3 premiers la déclaration suivante : « Voila quelques eschantillons de trois pièces qui sont imprimées non seulement sur vostre approbation, mais sur vostre commandement, et dans laquelle, surtout en la première, il y a quelque chose de vostre façon. »
Le pamphlétaire commettait de grossières erreurs dans ses attributions; car des deux Savoisiennes, la première publiée vers 1606 était d'Antoine Arnauld ^ ; et VEntretien des Champs Elisées, qui sent son écrivain de race, n'était certes pas sorti de la même main que les deux méchants libelles qui attiraient ses sarcasmes.
Quant à la Seconde Savoisienne, la question mériterait d'être éclaircie, car elle soulève un problème curieux. D'après Hauréau ^, l'ouvrage donné par de Morgues à Jean de Guron, serait de Bernard ou de Charles de Rechignevoisin de Guron, l'auteur de la Discipline chrétienne; Maignien Tattribue sans références à ce dernier Charles de Guron 3. Or, de Morgues dénonçait par son nom au public *, et sans équivoque possible, le maladroit auteur des premiers libelles adressés au roi, tout en l'accablant de ses injures ; ce « R. P. Guron » 5, comme il l'appelait ironiquement après Richelieu ^, était ce Jean de Rechignevoisin de Guron '^ que mentionnent d'autres pamphlets postérieurs dans la phalange des écrivains du cardinal, à côté de Sansy, l'évèque de Saint-Malo,
1. Robert Arnauld d'Andilly, Mémoires, Hambourg, 1734, l»^' Part., p. 15.