Briefve instruction, f
2. L'histoire liUéraire du temps en fournit un exemple analogue avec le factum rarissime suivant : Très humble requeste faite et présentée au Roy par Jean (TAlary, Avocat au Parlement, et autheur de Vabrégé des longues Estudes, pour avoir Justice et réparation d'un vol domestique qui luy a esté fait par Esme Noël Maistre Ecrivain de Paris et ses complices de trois livres et treze règles de son art offert à sa Majesté en laquelle requeste est parlé de son intérest, de la vérité dudit art, contre les calomniateurs et envieux et des grands personnages qui en ont veu
es essais... S. 1. 1620.
3. La firme de Jacques Morneau, le premier imprimeur de Luçon, figure sur son unique ouvrage daté de 1696. (H. Clouzot, Les Débuts de l'imprimerie à Luçon, Paris, 1911.)
4. Le vray pénitent aux pieds de son confesseur. Pari», 1675, p, 106,
apparaît comme un reflet lointain de la vie agitée et complexe du Louvre et de la grand'ville, et fait penser malgré lui le lecteur à la Dévotion aisée du P. Lemoine ^ ? Ils y choquent même quelque peu, si l'on réfléchit qu'elles étaient destinées à l'un des diocèses les plus pauvres et les plus petits de France, et partant, l'un des plus éloignés des idées nouvelles. Si l'on y ajoute les traces caractéristiques toutes personnelles que nous avons relevées, peut-on prononcer, pour conclure, un nom d'auteur autre que celui de Richelieu, le grand seigneur élégant et prédicateur à la mode, rigoureux observateur des formes conventionnelles sociales dans son souci continu des marques extérieures de la dignité, en même temps que prélat zélé, et d'esprit positif, continuant à gardei contact avec Paris et avec la Cour, grâce à ses voyages périodiques, regardant en lui-même aussi bien qu'autour de lui, lorsqu'il a écrit ces pages, et impressionné à son insu par sa puissante personnalité qui se retrouve éparse dans cette œuvre ?
Un dernier point mérite une attention particulière dans l'examen de cet ouvrage considéré au fond. Le dernier chapitre « Comment un Confesseur doit soulager les consciences timides » est consacré à une question qui a déjà fait l'objet d'un paragraphe spécial ^ dans le corps de la Briefve instruction et l'importance exceptionnelle qui lui a été attribuée, dans ce simple manuel, achève de militer en faveur de son attribution à Richelieu.
Cette préoccupation de combattre le scrupule chez les tiers se retrouve, en eftet, dans toute son œuvre non seulement religieuse, mais politique, dans le Testament politique * aussi bien que dans la Perfection du Chrestien^, et ses objurgations personnelles au roi et à ses conseillers à ce sujet sont aussi pressantes que celles qu'il écrit pour les fidèles de son diocèse avant de s'adresser à la catholicité en général ; on la retrouve encore ailleurs chez lui sous d'autres formes : l'un de ses arguments contre la diff'usion exagé-
1. H. Chérot, Etude de la vie et des oeuvres du P. Lemoyne, Paris, 1887, p. 208 et suiv.