e «dit., Paris, 1662, XIX« Conseil, p
rée des lettres est « qu'on verrait, dit-il, plus de gens capables de former des doutes que de les résoudre ^.
Il y a là une persistance caractéristique, encore plus accusée par la part que Richelieu lui fait et qui ne peut guère s'expliquer que par le fonds même de son caractère.
S'il veut combattre chez les autres ce mal du scrupule, n'est-ce point, en eÔ'et, parce qu'il en souffre, pour employer une des figures tirées de la médecine qui lui sont chères, et qu'il en connaît mieux que personne les dangers, chez tous ceux qui sont, à divers degrés, investis d'une parcelle d'autorité, autorité suprême comme celle du roi, ou autorité simplement humaine dérivant du libre arbitre ?
Nous avons montré plus haut de quelles précautions il s'entoure avant de se résoudre à une orientation définitive, vers un but nettement déterminé ; l'on pourrait presque dire que la prudence qui domine sa conduite confine à la timidité, dût ce terme paraître d'une ironie paradoxale, appliqué à un esprit entier, résolu et autoritaire comme le sien. Il ne veut rien laisser à l'inconnu, et le hasard ne travaille jamais en lui ; c'est pour luimême qu'il note « qu'il faut dormir comme le lion, sans fermer les « yeux qu'on doit avoir continuellement ouverts pour prévoir les a moindres inconvénients qui peuvent arriver » ^, que « plus un « homme est habile, plus ressent-il le faix du gouvernement d'un « Estât 3 », qu'il insiste sur « les perpétuelles méditations », et « l'extraordinaire jugement d'un homme d'Estat * ».
S'il le dissimule avec le même soin qu'il apporte à cacher ses infirmités corporelles, le scrupule n'en est pas moins le mal moral qui le tenaille, et d'autant plus qu'il a, comme on le voit, la conscience de son pouvoir, et de l'importance de ses actes, tant au point de vue religieux que politique ; c'est du reste aussi une conséquence à la fois de sa nervosité maladive ^, et de son carac-