‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 40 sur 352 · Test, polit., l. II, chap, vi, p · texte numérisé non relu

Test, polit., l. II, chap, vi, p

4. Bossuel, Lettre CCLXXIX à M'^* A. de Luynes, Œuvres complètes, 1863, t. VIII p. 533.

5. « Ecouter tout, peser tout, appiofoudir tout », proposait entre autres J. Duguet comme remède au scrupule. (Traité des scrupules..., Paris, 1717, p. 50.)

irritation même, qui semble un non-sens, à l'époque de sa toutepuissance, lorsqu'il rencontre un contradicteur inattendu, ne dérive-t-elle pas autant de la crainte irraisonnée d'un nouveau doute dressé devant lui, que d'un mouvement de sa fierté native^ ?

Voilà aussi peut-être, soit dit en passant, qui pourrait expliquer la genèse des idées théologiques de Richelieu, et son aversion instinctive pour la doctrine janséniste, une tendance qui se manifeste déjà dans les idées libérales et tolérantes de la Briefve instruction que nous venons de signaler.

Quoiqu'il en soit, la rigueur de sa ligne de conduite emprunte précisément sa force à celle de ce travail préparatoire sur ses causes premières ; c'est là que réside le secret de sa volonté inébranlable, une fois qu'elle a été arrêtée sur un but par une de ses études complètes et longuement mûries où son génie puissant d'analyse scrupuleuse n'a rien laissé à scruter, en descendant à des détails même puérils où se révèle sa conscience. Elle lui inspire, suivant les contingences qui se présentent, ou des traits de résolution énergique ou des actes de faiblesse apparente qui le feront taxer, tantôt d'audace folle et de rigueur inique, tantôt de dissimulation trop opportune, de faux fuyants et de défaillance lamentable par l'observateur chez lequel « la mémoire des choses premières est effacée par les dernières » 2, et qui n'a pu suivre le fil ininterrompu et secret qui le guide « comme les grands esprits, « vers une utilité esloignée, alors que les médiocres voyent les « présentes 3 ». Suivant son mot, il ne fait là « qu'imiter la nature « qui enseigne d'elle-mesme à un chacun, qui trouve de l'empes- « chement aux passages estroits, de chercher à passer ou plus « haut, ou plus bas, là où il n'y a rien qui erapesche » ^. Si Richelieu connaît trop bien l'échiquier sur lequel il joue sa fortune et celle de la France pour remettre sur un coup hasardé le sort de la partie, il a en même temps assez de souplesse pour « modérer et lascher les voyles au vent véhément de la fortune » ^, mais sans jamais

1. « Il n'entieprend pas légèrement, mais ce qu'il entreprend une fois après « avoir bien pesé 1 affaire, il le poursuit avecque une si constante vigueur, qu'il « faut que tout luy défaille ou qu'il en vienne à bout ». {Lettre déchiffrée, 1627. Recueil de div. pièces pour servir à l'histoire 1635, p. 39.)

2. Maximes d'Estat et fragments polit. (Hanolaux), XiV. p. 735.

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