Avenel, Lettres..., t. I, p. 70, (25 novembre
AUTOUR DE Lk PLUME DU CARDINAL DE RICHELIEU 67
le rejetait sans esprit de retour, soit qu'il eut éprouvé le besoin de chercher dans un labeur plus absorbant l'oubli de ses déceptions. Quoi qu'il soit, ses efforts pour l'élection aux Etats de 1614 étaient couronnés de succès, et le 14 octobre, à la première séance de son Ordre, où il siégeait entre les Evoques de Tulle et de Laodicée, Jean de Genouilhac et Jean de Tresses, il pouvait se rappeler avec quelque satisfaction les termes prophétiques de sa lettre de l'année précédente au Cardinal de La Rochefoucauld, de retour de son ambassade de Rome, lettre où il se promettait « d'avoir quelque jour l'honneur de lui faire révérence ' ».
Les Etats de 1614 tiraient uniquement leur importance des circonstances qui avaient provoqué leur convocation et coïncidé avec leur réunion, c'est-à-dire des menées du Prince de Condé et de la majorité du roi ; au point de vue politique, aussi bien qu'administratif, ils étaient condamnés d'avance au néant, n'ayant en réalité servi que de prétexte aux intrigues et aux menaces du parti des mécontents. Dès le lendemain de la mort du Roi, lesplus sensés des observateurs recommandaient à la Reine de ne point les assembler, et lui en dénonçaient le danger ; Nicolas Pasquier, l'un d'eux, lui prédisait alors que « tous ces particuliers retournez ({ en leurs Provinces, serviroient de flambeaux pour allumer des « nouveaux feux et remuements 2 » ; plus tard, après leur convocation, il était encore plus affirmatif et dans le même sens, en s'appuyant de l'histoire ; « par les exemples passés », disait-il, « vous cognoistrez au doigt et à l'œil que de l'Assemblée desEstats « n'est sort}'^ qu'un bien en papier et plusieurs maux en effect... « c'est un secret que vous devez apprendre de ne faire jamais ou- « vrirles Estats, mesmementen la minorité du Roy, quand il y a un « prince qui pour avoir le vent en pouppe au milieu d'un peuple, « se peut rendre chef de party ^ ».
Les Etats se retrouvaient en effet et fatalement en présence des problèmes de principe qui agitaient la France depuis le début