‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 57 sur 352 · Aduissurla conduite de la maison de» princes · texte numérisé non relu

Aduissurla conduite de la maison de» princes

de la vie privée des grands seigneurs du temps en exposait le remède dans une sorte de manuel d'économie domestique qui résume dans ses grandes lignes tout ce qui a trait à la matière. Ce serait exagérer que d'attribuer à Richelieu cet Advis sur la conduite de la maison des Princes^ bien que ce petit livret ne soit pas indigne de lui par sa netteté, sa précision et son bon sens pratique ; le célèbre Bacon lui-même n'avait point dédaigné, au siècle précédent, de traiter le même sujet ' ; mais on ne peut nier qu'il l'a connu, et qu'il en a mis en pratique les conseils, tant l'application des règles qui y sont énoncées se retrouve fidèlement dans l'administration de sa Maison.

Le rapport des autres factums avec l'œuvre politique de Richelieu est peut-être moins direct; mais dût-on n'en retrouver dans celle-ci aucune trace, leur mention n'en est pas moins intéressante, car ils font partie des éléments au milieu desquels s'est faite l'éducation politique de Richelieu, commencée par la mission que lui confiait son Ordre aux Etals.

C'était un honneur considérable qui échoyait au modeste évêque de Luçon que de prendre la parole au nom de son Ordre dans la séance solennelle de clôture des Etats en présence de la Cour ; il suffit, pour s'en rendre compte, de voir les noms des orateurs qui l'avaient précédé ; la Harangue d'ouverture, le 27 octobre 1614, avait été prononcée par l'arctievêque comte de Lyon et Primat de France, Simon de Marquemont ; Pierre de Fenoillet, évêque de Montpellier, et prédicateur ordinaire de Sa Majesté, avait fait la Remonstrance au roi contre les duels, au cours de la session, le 26 janvier 1615. Comme l'a fait remarquer M. Hanotaux, Richelieu avait seulement « à exposer les remontrances qui lui avaient « été ordonnées et prescrites par son Ordre » 2, ainsi qu'en fait foi le procès-verbal du secrétaire du Clergé, Pierre de Behety, qui a guidé cet auteur ; mais en réalité, son rôle était moins secondaire qu'il ne semble, et si la faveur de la Cour l'avait désigné par avance au choix de son Ordre il lui fallait pour le tenir, des qua-

1. Essays politiques et moraux de messire François Bacon, grand Chancelier d' Angleterre mis en nostre langue, par J. Baudoin, Paris, 1621, p. 62 et suiv.

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