Tallemant, Hist., t. II, p. 430 et suiv. 2.1bid.. p
ait OU non d'autres causes, n'en dérive pas moins surtout de son caractère défiant, et en réalité s'il s'abrite sous un autre nom que le sien ou sous un pseudonyme, c'est afin de pouvoir, à l'abri de toute considération extérieure, donner librement toute sa force.
Le contraste est surtout frappant dans son œuvre oratoire et principalement dans ses sermons dont nous venons de signaler l'allure gênée ; ce genre est du reste en désaccord avec son tempérament de lutteur armé pour commander ou vaincre, et non pour émouvoir ; de son œuvre théologique considérée seule, la part la plus remarquable est celle de la didactique ou de la dialectique pure et, même là où il est dissimulé avec le plus d'art, le procédé d' « eschole » rigoureux fait en réalité la force de son argumentation ou de sa façon d'exposer les faits consolidés encore par sa règle invariable de citer toujours scrupuleusement ses autorités et ses sources ; il n'est pas jusqu'à ses maximes dont nous parlerons tout à l'heure qui ne ressemblent singulièrement à l'un des termes extrêmes d'un syllogisme que le lecteur tant soit peu exercé complète lui-même à son insu.
De même que le sentiment, l'impression personnelle est absente de son œuvre ; lorsque d'aventure elle se manifeste, ce qui est peu fréquent, même dans ses lettres les plus intimes, ce n'est point sous la forme subjective et analytique qui lui enlèverait de sa force, au point de vue de la logique pure ; il se borne dans ce cas à une simple constatation presque brutale où il faut deviner le processus de sa joie, de sa rancœur ou de sa colère, sans qu'aucun jeu de physionomie le reflète sur son masque impassible.
L'anecdote, ainsi que la description, y sont aussi rares, davantage peut-être ; ne constituent- elles pas un arrêt dans le syllogisme, qui en est dès lors coupé et alourdi inutilement ? Dans un autre ouvrage, nous en avons cité deux exemples uniques, croyonsnous, tirés, l'un des Lettres^ l'autre des Mémoires ^, alors pourtant que ceux-ci ne sont qu'une simple narration, suivant son expression, et encore avons- nous montré quelle importance avait eue dans la vie du Cardinal la vision relatée (l'outrage par la populace du cadavre déterré du maréchal d'Ancre) pour