‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 67 sur 352 · Aubery, Hist. du Card. de Richelieu, Paris, 1660, p · texte numérisé non relu

Aubery, Hist. du Card. de Richelieu, Paris, 1660, p

3. (sazette des Kstats de ce ienips. Du Seigneur Gio scrviiour, de Pieragrosa : traduite d'Italien en Français le premier janvier, 1615, p. 7 et suiv.

4. Dans son Brief discours sur quelques points concernant la police de l'Eglise

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Une fois Richelieu au pouvoir, rien ne changera dans l'assiette et la répartition des revenus de la Couronne ; seule cette partie qui va aux profusions dont « peu s'enrichissent», changera à peine de destination et continuera à servir à payer les frais de la politique, mais ce sera de la politique extérieure et de la guerre^ au lieu de la politique de paix aussi ruineuse dont Richelieu a fait, et ù plusieurs reprises, le bilan en remontant à la mort de Henri IV. Il serait plus que téméraire de rechercher si, en 1614, Richelieu a eu cette arrière-pensée ; c'est du reste assez douteux, et il est imprudent d'attribuer aux hommes de génie des calculs si profonds et si prématurés. Il est seulement permis de constater que plus tard ses idées sur la possibilité de ces réformes se modifieront singulièrement ; il l'étudiera longuement dans le Testament politique, et conclura finalement par la nécessité du maintien du statu quo pour la Justice et les Finances ; quant à la Noblesse, dont l'épée était la seule raison d'être, il la détruisait plus sûrement parla création de l'armée permanente que par le rasenient des citadelles seigneuriales ; nous avons montré ailleurs comment il tenta d'utiliser ce poids mort de la Royauté, en la dirigeant vers les affaires d'Etat, et comment il dut y renoncer, devant son impuissance, ne proposant en fin de compte, pour son

et de VEstat, et particulièrement sur la réception du Concile de Trente et la Vénalité des offices, Paris 1615, du Perron de la Guette donnait quelques chiffres. Le revenu tant du droit annuel que des parties casuelles s'élevait en 1614 à 1400 000 livres ; et les offices de judicature ne faisaient qu environ le tiers dece même revenu. Les gages de ces officiers se montaient à plus de sept millions cinq cent mille livres ; la suppression par extinction à leur mort des 2 tiers de ces offices aurait donné une économie de trois ou quatre millions à côté de laquelle le revenu susvisé était peu de chose (11^ part. p. 24 et suiv.;. Il est curieux de constater que le fameux P. Camus, évêque de Belley, un ami de Richelieu, signalait lui aussi la multiUtde d'officiers comme la source de « la famine et des oppressions du peuple >» dans son Homélie des trois fléaux des trois Estats de France preschée en l assemblée générale des trois Ordres, en l'Eglise des Augustins à Paris, le dimanche dans l'octave de Noël, le jour des SS. Innocens, Paris, 1615, in-8°, 55 p., p 44. Signalons deux autres homélies du même auteur prononcées à la même époque et, sur le même sujet : Homélie des trois simonies ecclésiastique, militaire^ judiciaire, prononcée à l'assemblée générale, elc , Paris, 1615, in-S", p. 62, et Homélie des désordres des trois Estats de cette monarchie, haranguée en l'assemblée des Etats généraux, Paris, 1615, in-S", 86 p. (Boulas, Un moraliste chrétien sous Henri IV et Louis XHI, Camus, évêque de Belley , Lons-le-Saulnier, 1878.)

1. Etat des affaires du R»y au l*"" Juin 1626. (Avenel, Lettres..., t. II, p. 208 )

relèTement et conservation, qu'il jugeait indispensable à la Couronne, que des palliatifs incomplets et d'une exécution ditiicile, d'après son propre aveu ^ Mais en 1614, Richelieu n'en était pas encore là, et restait dans les vagues généralités que lui commandait, avec son programme, le prestige de cette noblesse restée encore féodale, et à laquelle il appartient.

Bien qu'exposant les réformes des trois Ordres, il s'appesantissait naturellement davantage sur le Clergé ; son plaidoyer en faveur de son Ordre le touchait directement. Quelques années plus tard, alors qu'il condamnait l'immixtion intéressée de la Religion dans la politique, on devait lui reprocher sa demande d'accession de l'Eglise aux charges de l'Etat comme une manœuvre personnelle ; le rapprochement était trop tentant pour ne point donner prise à une pareille accusation, et son panégj^riste, Aubery, luimême s'en est fait l'écho -. Il peut y avoir du vrai, car il faut bien reconnaîti^e que si cette demande était dans son programme, elle n'en était pas moins d'accord avec son propre intérêt et ses vues personnelles.

Quoi qu'il en soit, il la traitait avec un soin particulier, et presque avec passion, s'appuyant sur les précédents fournis par l'histoire, à commencer par celui des Druides ^. On lui a reproché d'être remonté jusque-là, en y constatant un trait de mauvais goût de l'époque auquel il aurait sacrifié * ; ne faut-il pas y voir aussi bien autre chose qu'une recherche prétentieuse d'érudition ? Le cardinal du Perron n'avait-il pas usé déjà du même argument dans sa Harangue au Tiers Etat du 2 janvier précédent sur l'article du serment^? Richelieu ne l'ignorait point, et l'on peut se demander si ce n'était point une flatterie discrète de sa part au Cardinal en lui empruntant une figure. Par une coïncidence qui vaut d'être signalée, un factum du temps, dû à un ecclésiastique, et développant les mêmes idées que Richelieu, l'employait au début de la même thèse appuyée également de précédents historiques ^. On

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