‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 68 sur 352 · Abbé Lacroix, Richelieu à Luçon, p · texte numérisé non relu

Abbé Lacroix, Richelieu à Luçon, p

5. Harangue faicte de la part de la Chambre ecclésiastique en celle du Tiers Estât, sur l'article du Serment par Mgr le Cardinal du Perron... Jouxte la copie imprimée à Paris 1615. Avec pr. de S. M. et permission de l'autheur, p 2.

6. « Les anciens Français... ont esté anciennement accompagnez de cest heur

la retrouve, enfin, deux ans plus tard, dans la bouche du célèbre Cospean, évoque d'Aire, l'ancien maître de Richelieu, débitant sa « Remonstrance au roi sur les Duels au nom du Clergé de France », le 18 juillet 1617 ' ; il est vrai qu'alors Du Perron était mort, et l'ancien orateur du Clergé devenu premier ministre.

En parlant de l'avilissement de la dignité de ceux qui servent aux saints autels, Richelieu en profitait pour toucher un mot de leurécartement systématique du Conseil, de la préséance qu'avaient sur eux les Laïques à ce seul titre, de l'attribution des bénéfices qui était faite aux dépens du Clergé à des gens du monde, les uns sans foi, les autres ennemis de l'Eglise ^.

De là, il passait à l'avantage que retirerait la Couronne de leur participation aux affaires, en signalant à cette occasion leur désintéressement forcé, dû à leur célibat, une remarque déjà faite par le Cardinal du Perron 3, et un argument qu'il reprendra plus tard dans le Testament politique ^ ; ce simple motjeté dansle discoursavaitune portée que les deux autres Ordres n'ont certainement pas comprise ; caril représentait, pour le Clergé, son exclusion volontaire de l'hérédité et du privilège qui constituent la Caste ^, exclusion qui le rattachait plus étroitement au peuple ; à lui seul, il justifiait sa protestation à la fois contre la Paulette du Tiers ^ et contre les charges

« que d'avoir eu en leur Paganisme des sacrificateurs (je dis Druides) qui pula lulans en toute sorte de vertus faisoit honte aux nations de leur siècle ». Adois au l'oy sur la réformation générale des abus qui se commettent en son Royaume, 1614, in-8o, p 5.

1. Recueil général des affaires du Clergé de France, Paris, 1636, t. I, p. 67. — Quelle que soit son origine, la figure de rhétorique en cause avait depuis longtemps droit de cité dans l*arsenal de la littérature rabelaisienne aussi bien que théologique. (Le voyage de Me Guillaume dans Vautre monde vers Henry le Grand. Paris, 1612, p. 9 et 29.) Elle le conservait bien après, car près d'un siècle plus tard, le même mot sert à un protestant pour exercer sa verve poétique (et quelle verve 1) dans un rondeau contre le Cardinal de Noailles, à propos des affaires du jansénisme (Recueil de portraits en rondeaux .. A Christianopolis , à lEnseigne de la Vérité, 1728, p. 34).

2. Advertissement à Messieurs les Dépuiez du Clergé sur la décadence de lEglise gallicane, 1615.

3. « Ecclésiastiques. Ils ont eu autrefois grand pouvoir en France, et l'Estat « en estoit bien mieux ; car ils ne sont pas intéressez, n'ont point d enfans qui € succèdent aux desseins qu'ils pourroient avoir : quand ils sont morts, tout t est mort avec eux »• {Perroniana, p. 96.)

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