‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 71 sur 352 · De Behety, op. cit , p · texte numérisé non relu

De Behety, op. cit , p

2. Advis salutaire donné au sieur illuslrissinie Cardinal de Sourdis, pour sagement vivre à l'avenir, 1615, p. 10 et 11.

ment, et ordonnant remprisonnement de leur imprimeur, en même temps que la suppression de l'article des Cahiers et même du procès-verbal du Tiers ^ Le Clergé avait donc pleinement gain de cause, mais il voulait, pour le principe, protester solennellement contre le Parlement et empêcher le retour de son immixtion dans les affaires ecclésiastiques. Comme on le voit, la tâche de son orateur était délicate ; Richelieu s'en tirait avec bonheur en portant, par sa même tactique, le débat sur le terrain le plus élevé ; la juridiction ecclésiastique sur laquelle on a vu ses'idées dans la Briefue instruction, lui en fournissait le moyen ; il ne prononçait pas plus le nom du Tiers que celui de la Cour ; il se contentait, simplement, de généraliser, sans entrer, comme l'avait fait moins prudemment le cardinal du Perron, dans le détail irritant du débat, et en s'appuyant uniquement sur l'autorité des Pères de l'Eglise : « En ce qui concerne la fo}^ et l'Eglise, celuy « seul doit juger qui est de profession ecclésiastique, dit saint « Ambroise... » et il terminait par une considération d'une forte concision, qui résume vigoureusement les principes de sa politique future, la connexité intime et indissoluble de la vitalité nationale et des intérêts de la religion : « Votre Majesté remar- « quera soigneusement que tous les souverains sont estroitement « obligez (à maintenir et conserver l'Eglise en son authorité) et par « conscience, ce qui est manifeste, et par raison cCEstat, puisque ((. c'est chose très certaine qu'un prince ne sçauroit mieux ensei- (( gnerà ses subjects à mespriser sa puissance, qu'en tolérant (( qu'ils entreprennent sur celle du grand Dieu de qui il tient la <( sienne. Ce mot comprend beaucoup, je n'en diray pas davan- « tage^».

Dans son discours au Tiers Etat, le cardinal du Perron avait

1. Manifeste de ce qui se passa dernièrement aux Estats généraux, entre le Clergé et le Tiers Estai, 1615, in-8°, 45 p. — Cet opuscule composé contre le premier article du Cahier du Tiers se termine par l'arrêt d'emprisonnement de Mettayer qui avait imprimé l'arrêt du Parlement du 2 janvier 1615 ; il est précédé des actes d'évocation devant le roi, de la défense aux Etats d'en délibérer, et à la Cour d'en connaître. — Dix ans plus tard, les mêmes faits se reproduiront dans des conditions identiques, alors que Richelieu sera devenu prenjier ministre. Le Tiers Etat répondait à l'opuscule ci-dessus par la publication du Procez verbal de tout ce qui s'est passé en la Chambre du Tiers Estât, touchant le premier article de leur Cahyer présenté au Rog, 1615, in-S», 156 p. Signalons rinlérêl de sa comparaison avec la relation de Florimond Rapine.

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