‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 72 sur 352 · Harangue, p. 34 et · texte numérisé non relu

Harangue, p. 34 et

présenté l'article premier du cahier de cet Ordre comme un piège tendu par les protestants, et montré la relation étroite de cette question avec le serment d'Angleterre où il avait joué un rôle fictif et direct de polémiste. Richelieu en faisait autant, à son tour, mais tacitement, par la façon dont il abordait brusquement à la suite, et « à son rang » disait-il, sans transition aucune, les excès des protestants, la profanation des Eglises, et les empiétements sur la religion catholique. L'odieux sacrilège tout récent de Milhaud, dénoncé à l'Assemblée du Clergé par l'évêque de Rodez, et qui avait excité l'indignation générale \ lui fournissait un prétexte tout d'actualité comme entrée en matière ; régulièrement, cette affaire n'était pas de son ressort, puisqu'elle avait été confiée à l'évêque de Montpellier 2, mais elle le servait trop bien pour lui permettre de présenter à son occasion, et comme corollaire logique, la nécessité de la défense de la Religion par l'Etat, et d'ajouter un mot sur la question du Béarn.

La fameuse profession de tolérance religieuse venait là à propos : « Je ne parle. Sire, que de ceux qui ont commis un acte « si barbare, car pour les autres qui, aveuglez de l'erreur, vivent « paisiblement sous vostre authorité, nous ne pensons en eux « que pour désirer leur conversion, et l'avancer par nos exem- « pies, nos instructions, et nos prières, qui sont les seules armes « avec lesquelles nous les voulons combattre 3 ». Dans toute la Harangue, il n'est point de passage qui ait plus attiré l'attention des historiens ; la grande majorité a cru y voir une opinion personnelle de Richelieu, et avec d'autant plus de raison en apparence qu'elle correspondait exactement aux idées dont il avait fait preuve dans son évêché * et qu'elle résume toute la règle de sa conduite future. Malgré la force de l'argument, nous ne le pensons pas ; si le jeune évêque a introduit sa note personnelle dans le développement du programme qu'il avait à présenter, il

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