Avenel, Lettres,.., t. I, p. 15 et
ne l'a fait quedans^le détail et pour certaines nuances d'interprétation que la forme oratoire de sa Remontrance autorisait, mais il n'était ni qualifié ni autorisé pour faire une déclaration d'une telle importance sans l'assentiment de son Ordre, de môme qu'il était trop avisé pour s'exposera ruiner son avenir par une pareille audace ; cette doctrine de tolérance religieuse lui avait donc été certainement suggérée officiellement. Peut-être doit-on en voir la source dans un grave incident survenu aux Etats et rapporté par Arnaud d'Andilly ^ ; une altercation violente se produisait vers la fin de la session entre le baron Digoine, catholique, et deux autres députés protestants de la noblesse à l'occasion de la harangue que Péricart, évêque d'Avranchcs, un ancien ligueur, député du Duché de Normandie et ancien membre de la conférence de 1593, avait fait à cet Ordre sur la réception du Concile de Trente ; ce conflit, assez grave pour justifier l'intervention du chancelier au nom du roi, avait lieu, il est vrai, les 19 et 20 février, c'est-à-dire quatre jours seulement avant la séance de clôture, mais c'était assez tôt pour laisser à l'Orateur du Clergé le temps d'introduire dans son discours quelques phrases destinées à rassurer la Noblesse protestante, et à la rallier à leurs collègues catholiques autour du Clergé dans un même sentiment de fidélité à la cause roj^ale. Bien qu'hypothétique, cette explication est assez vraisemblable, si l'on considère la crainte de la Cour de voir se diviser, à son préjudice, l'Ordre sur lequel elle comptait le plus, et si l'on ajoute quelque importance à un détail de forme de cette partie de la Harangue. A l'inverse des habitudes de Richelieu, et de l'allure de toute son œuvre, le paragraphe visé laisse, en effet, a la lecture, l'impress^ion d'avoir été intercalé après coup dans le texte, par son manque complet de liaison avec ce qui le jirécèdc et ce qui le suit 2...