‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 75 sur 352 · Harangue, p · texte numérisé non relu

Harangue, p

3. Mémoires, t. II, p. 292. Aubery, Hist. du Card. de Richelieu, Paris, 1660, p. IL

DU CAUDINAL DE RICHEMEL lOl

disposer un siège à la môme hauteur que celui du frère du roi.

La réception du Concile de Trente avait provoqué des polémiques passionnées, auxquelles avaient surtout pris part le tiers Etat et les Princes ; aux jeux du premier, c'était une diminution de l'Eglise gallicane ; les seconds y voyaient pour eux un danger dans la restauration de la discipline ecclésiastique dont la décadence avait ouvert la porte à la Réforme. Richelieu donnait satisfaction aux Gallicans par les réserves de sa « Requeste d'autant ( plus raisonnable, disait-il, que s'il y a quelques articles en ce •X Concile, qui bons en eux-mêmes semblent moins utiles à ce •( Royaume, pour être répugnans à ses anciennes usances. nous < nous soubmettons très volontiers à en demander modifica- (( tion ' ».

D'autre part, s'il invoquait principalement comme motif de cette requête la nécessité d'une règle pour la réformation des mœurs du Clergé, il le faisait sans s'étendre sur le sujet, et cette discrétion prudente qu'il soulignait plus haut en déclarant «qu'il « n'est à propos de ne représenter qu'en général les désordres qui « sont particulièrement déduits en nos Cahiers ^ », esta rapprocher de celle dont il usait dans lu Briefve instriiclion, exposée, comme sa Harangue, à servir d'arme aux ennemis de l'Eglise.

Au début, Richelieu s'était mis en vedette ; ilfinissait de même et d'une façon aussi discrète ; ces mots de « dérèglement de nos mœurs » ^ d'une humilité quelque peu affectée, ont dû certainement attirer l'attention sur son visage décoloré et émacié parla fièvre des marais du Poitou qui reluit à travers ses longs cils au fond de ses j^eux caves, de même qu'ils ont amené un sourire d'une indulgente ironie sur les lèvres de ses confrères de sa région, au courant des infirmités prématurées et de la santé délabrée de leur jeune voisin ? Ne les a-t-il pas déjà signalées indirectement lui-même au cours de sa Harangue par cet emploi fréquent de figures empruntées à l'art médical *, et qui a même quel-

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