Avenel, Lettres..., t. I, p. 144 (mai
7. Harangue, édit. orig., p. 37, lisez mais pour mai ; p. 42, lisez receues pour receu.
sa minutie scrupuleuse et quelque peu bizarre ; il achève de prouver l'importance qu'il attache à cette œuvre de lui, la première parue sous son nom, car les Ordonnances synodales de 1613, aujourd'hui introuvables, ne sont en réalité qu'un règlement disciplinaire d'ordre intérieur ; et il faut y joindre l'argument tiré de la forme matérielle de ce petit livret de 16 feuillets, imprimé en gros caractères, et sur du papier épais comme pour lui donner du corps.
La Harangue aux Etats de Î6ÎA nous fournit pour la première fois une remarque qui reviendra souvent au cours de cet ouvrage. Une fois son œuvre publiée, Richelieu ne la regarde point comme un édifice immuable ; loin de s'en désintéresser, il la suit, serVi par sa mémoire merveilleuse ; lorsque des événements nouveaux viennent, soit à modifier ses idées, soit à mettre sa conduite en contradiction avec ses déclarations antérieures, il corrige dans les éditions postérieures une assertion risquée, ou une opinion imprudente arrachées à sa plume par l'impression ou la nécessité du moment. Tantôt, il la supprime, tantôt il l'atténue ; la Harangue nous offre un exemple de ce dernier cas ; il s'était élevé, au nom de son Ordre, il est vrai, contre les contributions nouvelles imposées au clergé ; un jour vint où les nécessités de sa politique lui imposèrent à son tour une mesure analogue ; il eût été trop facile à ses ennemis de retourner contre lui ce qu'il disait en 1615 alors qu'il présentait ces charges comme dues « à la ma- « lice et à la corruption du siècle » ; ces quelques mots prêtaient trop facilement à un rapprochement ironique ; aussi, disparaissent-ils dans le texte de la Harangue, telle qu'elle est insérée dans le Recueil des affaires du Clergé de France, paru en 1636 ^
Cela seul prouverait que Richelieu a démenti par avance le rôle trop effacé qui lui a été attribué, de simple rapporteur de son Ordre aux Etats de 1614, et que ses ennemis contemporains lui
1. Harangue (Edit. orig.), Paris, Recueil général des affaires du Clergé
1615. de France, Paris, 1636. t. I.
(P. 26) ...Si Sainct Grégoire reprend (P. 431)... Pour seulement tolérer des
aigrement une de nos Roj^nes, pour abus en la distribution des bénéfices.
avoir souffert des Abus en la distri- Si plusieurs Princes ont esté notable-
ont dénié plus tard, en lui opposant quelques déclarations de sa Harangue ; par le détail que nous venons de voir, il a en effet reconnu jusqu'à un certain point la part de responsabilité personnelle qui lui revenait dans son discours, et souligné l'importance qu'il attribuait lui-même à la forme que prenaient dans sa bouche les revendications du Clergé. Cette remarque achève de donner son véritable caractère à son œuvre ; en réalité, dans cette circonstance décisive pour son avenir, Richelieu a été plus que le porteparole de son Ordre ; il a pour la première fois, et il en a eu conscience, fait montre de sa valeur de diplomate et de politique ; le discours des Etats de 1614 est la préface de son premier ministère.
butiou des bénéfices : Si plusieijrs Princes ont esté notablement punis à ceste occasion, que doit-on craindre si on les authorise...
(P. 27)... Les saincts Canons ont condamné ceste pratique comme très dangereuse
(P. 30)... Nonobstant tout cela, nous payons une taille volontaire, et cependant la malice et la corruption du siècle est si extrême quil se trouve des gens qui voudraient bien nous obliger à d'autres charges comme si nous pouvions y estre assujettis...
(P. 44;... La vénalité des offices qui en reul l'administration vénale ..
(P. 46)... Au préjudice de Zeur conscience et de leur honneur...
meut punis à ceste occasion, que doiton craindre si on autorise ttils abus.
damné...
Les Conciles ont con-
(P. 433)... et cependant, on ne laisse pas de nous en imposer dautres, au payement desquelles on veut nous contraindre, comme si nous estions subjects à telles charges,..
(P. 441)... la vénalilé des offices qui rend l'administration vénale...
(P. 4)... au préjudice de leurs consciences et de leur honneur...