‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 90 sur 352 · Les principaux points de la Foy..., p. 20 et · texte numérisé non relu

Les principaux points de la Foy..., p. 20 et

dans leurs fureurs d'iconoclastes haineux, contempteurs fanatiques et intéressés de l'art ^ et delà beauté, destructeurs systématiques de la tradition ; il est vrai qu'un euphémisme ingénieux n'avait pas encore créé la légende historique qui les a attribuées d'abord aux « guerres de religion », avant d'en charger le vandalisme révolutionnaire ; tout commentaire sur ce point devait même lui paraître superflu devant le témoignage unanime des contemporains, tel que le mot de Henri IV à la vue d'une maison délabrée : « Cecy est à moy ou à l'Eglise - », ou celui de maître Guillaume, instruit par le pillage de Louviers, qui employait avec à-propos le terme « réformer » comme synonyme de « ruiner » ^.

Lindulgence hautaine de Richelieu allait même plus loin ; il absolvait par avance les protestants des fautes de leurs prédécesseurs, « estimant et tenant pour assuré, ajoutait-il, que le Roy « soubs Tauthorité duquel nous vivons tous, recevra tant de ser- « vices de la noblesse qui vous escoute, et du peuple qui vous suit « et de vous mesmes, que la France aura l'occasion de perdre la « mémoire des actions de vos Pères qui lui ont esté préjudice ciables '^ ». Si le compliment était ironique, il faut avouer que la raillerie était on ne peut mieux dissimulée, et qu'elle cachait une diplomatie supérieure, car elle annonce les accents avec lesquels Richelieu entraînera plus tard dans les rangs de l'armée royale la noblesse protestante du Poitou contre ses coreligionnaires de la Rochelle alliés à l'ennemi du dehors.

L'homme d'Etat reparaît ici, qui, dans sa fameuse Instruction à Schomberg ^, avait proclamé l'indépendance du loyalisme politique et des croyances religieuses.

1. Cf. Claude de Sainctes, Discours sur le saccagement des Eglises catholiques par les hérétiques anciens et nouveaux calvinistes.,., Paris, 1567. — Ch. L. Grand-maison, Procès-verbal du pillage par les Huguenots des reliques et joyaux de Saint-Martin de Tours en 1562, Tours, 1863. — Mémoires de Jacques Gâches, i^aris, 1879, p. 17.

Page 1