Les principaux points de la foy, p
(le la même source, dont la fusion constitue leur statut propre*, il regarde la nationalité comme basée sur l'harmonie du pouvoir temporel directement émané de Dieu, et d'un pouvoir spirituel extérieur, de source différente, et indépendant de lui, qui lui est supérieur dans son universalité et qui lui sert de régulateur.
Ces derniers mots peignent au vif les origines profondes de l'antagonisme cjui creuse entre Richelieu et les protestants un fossé infranchissable ; elles consistent avant tout, nous l'avons déjà remarqué, dans la différence de source du spirituel basé pourlepremier sur un dogme immuable, supérieur et universel, pour les autres sur les forces humaines isolément livrées à ellesmêmes avec leur particularisme exposé à toutes les défaillances. C'est parce que Richelieu en perçoit le péril avec toutes ses conséquences au point de vue social, que par une sorte de contradiction inexplicable en apparence, et qui a choqué Avenel ^, il réserve dans son livre les coups les plus véhéments comme forme à la question religieuse, en même temps qu'il se déclare partisan convaincu de la tolérance sur ce point ; ses accents d'une fougue passionnée lorsqu'il aborde la confession des Ministres détonnent auprès de sa modération hautaine sur le terrain purement politique ; trois siècles après, exactement, ils apparaissent avec la marque d'une actualité saisissante dans leur indignation vigoureuse empreinte d'une sincérité profonde. Les Ministres se plaignaient au roi d'être haïs pour certaines de leurs croyances religieuses ; loin d'en défendre les catholiques, Richelieu accepte l'accusation, et l'affirme avec une brutalité dans la précision destermes qui ne lui est point coutumière ; dans la discussion théologique qui occupe les 3/4 de l'ouvrage ^, il reprend comme à satiété le mot de haine dont les ministres ont abusé dans leurs plaintes ; la même expression revient sous sa plume ^^ comme un
1. Richelieu n'abordait pas cette question en dehors de son sujet ; ce n'est qu'en 1618= du reste, qu'avait lieu, avec Charnier et 3 de ses confrères, l'incident du synode général de Dordrecht, où le gouvernement voyait le danger de la création d'une ligue internationale d'opposition. V, Ch. Read, Daniel Charnier, p. 346-349.
2. Cet auteur qualifie la discussion de Richelieu de «toute remplie d'orgueil, de dureté et d'insultes ». Lettres..., t. I, Introd , p. lxxiï.