Principaux points de la foy.. , p. 24 à
coup de massue lourde et tranchante : « Vous êtes dignes de <( haine », leur dit-il, par « l'art dont vous usez pour gagner les « cœurs et les aliéner de l'Eglise catholique » ^ ; vous êtes dignes de haine par « vos corruptions en l'Escriture qui sont si reco- « gneues que les vostres propres ne s'en peuvent taire ^ » ; vous êtes dignes de haine, parce que vous confondez en Angleterre l'autorité spirituelle et temporelle entre les mains du roy de la Grande-Bretagne ^ ; vous êtes dignes de haine « par la liberté que (( vous prenez de nier toute authorité comme bon vous semble, « et de renoncer à vos maistres en ce qu'il vous plaist * » ; vous êtes dignes de haine, parce que vous ne faites que et vous moquer « des peuples, les tromper, les portera leur perte, nous imposer, « vous contredire manifestement, condamner en nous ce que vous « pratiquez vous-mesme, vous vanter d'une chose qui ne vous (( appartient pas et affecter la nouveauté ^... »
Le Cardinal du Perron ^ était très catégorique sur la légitimité de la rébellion des sujets contre leur Prince lorsqu'elle se produisait à l'occasion des croyances religieuses ; mais il la limitait strictement à ce cas avec réserve de la soumettre au jugement de l'Eglise seule compétente en matière de foi ; il était conséquent avec lui-même, en ce qu'il apportait comme frein au débordement des passions populaires une autorité supérieure, extérieure et indépendante ; c'était un moyen terme entre la théorie ultramontaine et la doctrine commune à Boucher le ligueur, au protestant Languet, à l'Ecossais Buchanan.
De même que Bossuet '^, du reste, Richelieu n'a jamais compris la Ligue qui répugnait à son gallicanisme politique, et dont il n'a pu voir d'assez haut les origines profondes ; aussi évitait-il de prendre parti, mais il n'en réfutait pas moins vigoureusement ses adversaires dont il mettait à jour les contradictions ; leur