‹ Autour de MolièreChapitre 10 sur 24 · P. MIGNARD ET MOLIERE · texte numérisé non relu

P. MIGNARD ET MOLIERE

ne réussit pas moins bien qu'avait fait l'oraleur. Soit dit entre parenthèses toujours, IMonville exagère de la moitié, — et le « moyen ne fut employé que... jusqu'à la ceinture. Encore reste-t-il à savoir si ^ l'exact Monville » n'a pas confondu ici Pierre Mignard avec Nicolas lAlignard' son frère. Celui-ci, en effel, exécuta le portrait de la marquise, portrait possédé en ces derniers temps par le félibre Aubanel.

Ces détails ont ici leur raison d'être; car c'est peutêtre durant l'exécution de ce portrait par Pierre ou par Nicolas que fut jouée au naturel cerlaine scène du Sicilien, dont maints traits de mœurs et jusqu'au titre éveillent de vagues, de charmantes réminiscences du temps du roi P\ené, « roi de Sicile » et si populaire eu Provence.

Après l'achèvement du portrait de Mme de Castcllane, bien après, Mignard, au rapport de Monville, quitta Avignon et se rendit à Lyon, d'où il ne reparti! qu'au bout de plusieurs mois pour Fontainebleau. Tant il est vrai que tout parait concorder dans le récit de Monville, c'est à Fontainebleau que Louis XIV chargea IMignard de peiudre sa royale image pour être envoyée en Espagne, pendant les négociations du traité des Pyrénées et du mariage du roi de France avec l'infante espagnole.

Ceci, on le voit, nous reporte bien à > i)lus d'une année '< après la première arrivée de Mignard à Avignon. — Bref, la conclusion irrécusable à tirer du témoignage non suspect de IMonville, c'est que, contrairement à l'assertion de tous les biographes de Molière, ce n'est pas à la fin de l'année 1057, mais très probablement

dans le courant d'avril 1658, que Molière et Mignard purent faire connaissance. Mais quand un lait, lisible et visible dans un ouvrage faisant autorité, est sujet à de si diverses interprétations, comment s'étonner que la vérité soit si lente à se faire jour sur des points où l'attention ne suffit plus?

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