P. MIGNARD ET MOLIERE
que ', il D'importé. A peine arrivé à Avignon, Mignard est malade — avant d'avoir vu Molière. 11 est malade en novembre ou décembre, dans tous les cas. Il est convalescent eu décembre ou janvier. Admettez si vous voulez qu'il soit parfaitement guéri en janvier : est-ce en plein hiver,ausortird'une maladie qui l'oblige à rcsterunanau pays du soleil, qu'il va courir à la fontaine de Vaucluse? Est-ce même en février, même bien porlant, qu'il va « dessiner - en plein air < toutes les antiquités d'Orange, de Saint-Remy, le pont du Gard et les Arènes • ? De telles promenades d'artiste, on en conviendra, sont peu vraisemblables avant le relour du printemps, avec une santé à ménager, encore une fois. Et comme c'est après ces excursions en tous sens que Mignard revient à Avignon et : y trouve > Molière qui l'y avait précédé, est-il possible, vraiment, d'accepter « novembre ou décembre » 16.j7 pour date de leur première rencontre? Est-il possible d'admettre le mois suivant, janvier 1608? Mais -- le 6 janvier 1658 », un secours de 18 livres tournois " est accordé par les administrateurs de l'aumône générale de Lyon à une « demoiselle Véraud, veuve d'un contrôleur des douanes, sur la recommandation de Mlle Fiéjarre (lîéjarl), comédienne , et cela indiquerai!, selon quelques érudils, que la troupe de Molière est à Lyon. Entre le lô juin lf)57 et le C janvier 1058, c'est en vain qu'on chercherait à découvrir un vestige, un indice de l'existence de Molière, soit à Avignon, soit dans les environs.
La préface de l'édilion de 1082, qui ne parle nullement
' lieue /Irs Deux Mondes, 1" aoùL 1877.
de la " rencontre " avec Mi{jnard, parliciilarité assez importante cependant, assure que Molière " passa le carnaval à Grenoble ", et que l'Illustre-Théâtre partit pour Rouen « après Pâques ", c'est-à-dire après le 27 avril. Le carnaval finissait le 8 mars. Si Molière Tacheva à Grenoble, on vient de soupçonner qu'il l'avait commencé à Lyon. A-t-on une preuve de son passage à Grenoble? On n'a qu'une présomption vague, fournie par une contestation entre une troupe de comédiens et le conseil municipal, à la date du - 2 lévrier • . Le 1" mai , le baptême d'un enfant de René Berthelot et de Marquise du Parc attesterait que la troupe est de nouveau à Lyon : elle n'arrivera du reste à Rouen qu'au milieu de mai, tout au plus.
Eh bien, du 8 mars au 1" mai, il n'existe aucun argument ni document capable, jusqu'à plus ample informé, de rendre inconciliable la rentrée, la seconde arrivée de Mignard à Avignon avec un retour de Molière dans cette ville. De Grenoble à Avignon, il n'y a pas loin. A ce compte, c'est à la fin de mars ou dans le commencement d'avril que Molière et Mignard se seraient liés d'amitié.
A ce compte encore, et soit dit entre parenthèses, c'est en mars et en avril que Mignard aurait peint le célèbre portrait de celle que Louis XIV appelait - la Belle Provençale », la marquise de Castellane, depuis marquise de Ganges, « fameuse par sa beauté et par sa fin tragique ". — » On prétend, raconte Monville, on prétend que pour échauller l'imagination du peintre, elle employa le même moyen dont un orateur grec s'était autrefois servi pour emporter les suffrages de l'Aréopage en faveur de Phryné, dont il plaidait la cause. Le peintre