HISTOIRE D'UN BALLET
fur et ue le put être qu'en « 105.3 •'. M;iis comment indi(iuer exactement le mois et le jour?
Un scrupule de précision méliculeusc aura ici sa raisou d'être et son excuse. Si Ton a produit des actes authentiques prouvant le séjour de Molière en février, mars et avril IGôô, c'est-à-dire à la fin et même après la clôture des États (la session finit le 14 mars), par contre, nous n'avons rien, pas un rensei{}nemeiit formel qui certifie sa présence à ^Montpellier en décembre et janvier. .Nous n'avons à cet égard que de simples irobabililés. Même quand nous lisons dans les Mrntoires de Cosnac, déjà cités, que le prince de Conli,le soir même de la mort de Sarrasin, fit donner ;< la comiédie >' pour créer une diversion à sa fausse douleur; même avec cette certitude qu'il y avait là et alors une troupe de comédiens, il n'est pas démontré que Molière fiit à Montpellier. La troupe de " La Pierre ' qui figure aussi dans le Ba/lcf des Incompatibles partageait avec celle de Molière le privilège des divertissements comiques à la cour de Couli et aux Etals de Lauguedoc. La Pierre, musicien chorégraphe, avait même une grande répulalion comme orjianisalcur de ballets; et c'est lui qui parait le premier en scène dans le lialkl des Incompatibles. Il serait donc utile de savoir la date ignorée de celte représenlalion afin d'en dégager, comme conséquence logi(iue, l'acle de j)résence de Molière.
Eh bien, on se rapprochera aulant que po>sible de la vérité en rapportant celle date aux j)remiers jours du carnaval. In double prélexle motivait alors le ballet : le carnaval d'abord, et puis la réunion générale à Montpellier de la noblesse languedocienne, convoquée par le prince
HISTOIRE D'UN BAl.LFT. 279
de Conti et dont rassemblée nboutit à < la déclaration » du 19 janvier 1655 contre » le duel > . Une remarque pareille à celle que nous avons faile, tout à l'heure, à propos de Guillcrague, autorise notre opinion. Voici pourquoi et comment nous nous prononçons pour la première quizaioe de janvier. Le « baron de Florac " figure en personne dans le BaUct dcx Inrompntiblcs, mais sa signature ne se lit pas au bits de la dcciaralion du 19 janvier, malgré son intimité avec le prince, dont il élait le voisin de château. Pourquoi cette absence ? Parce que « le 15 janvier 1G55 », la jeune sœur du baron de Florac était enterrée au château de Lavagnac : Conti habitait à deux pas de là, à la Grange des Prés. Il y avait donc empêchement moral à ce que le baron de Florac fût à .Montpellier le lOjanvieret même quelque temps après, à moins que cette « incompalibilité '> n'entrât dans celles du ballet; mais il n'en est rien. Par contre, aucun détail, aucune particularité de chronologie générale, locale ou personnelle, aucun fait d'histoire ou de biograj)hie comparée ne démentent la parfaite concordance de la représculaîionavec l'époque délerminée. On sait que Guillerague fut mandé d'urgence â Montpellier par le prince, afin de lui confier la succession de Sarrasin ; on sait, par les Mémoires de Gosnac, qu'il s'y rendit tout de suite; et s'il refusa les offres de son maitre,du moins son retour à Montpellier n'est pas dont eux '.Il est également certain que Guillerague
' Grimarest prétend, et. Bizin et presque tous les moliéristes ;i la suite répètent, qu'à défaut de Molière et de Guillera{ïue, la charfïe fut donnée à « M. de Simoni ». On confond le secrétaire du duc d'tlpernon avec celui de Conti. C'est l'abbé de Cosnac qui remplaça Sarrasin; mais il y eut un intérim de quatre mois. La commission de Cosnac est datée d:i >^ 23 mars 1055 ».