HISTOIRE I)''J\ BALLET
imprimés dans les œuvres de .1. B. Lhermilte. Mais il resterait â établir que J. B. Lhermitte était à Montpellier en janvier 1655, tandis qu'une lettre de d'Hozier donne à entendre qu'il est â Lyon et même à Genève. M. Loiseleur parle aussi, comme auteurs probables, de « Châleauneuf -, dont rien ne révèle la présence dans la troupe de Molière en 1655, — et de Ragueneau , qui avait une excuse fort légitime pour n'y être en rien, étant mort à Lyon dès le mois d'aoi\t précédent. Ni M. Loiseleur ni M. Eugène Despois ne donnent tort à M. Paul Lacroix par leurs assertions hasardeuses. Serait-il vrai que Molière fût alors, à Montpellier, le seul poète capable d'écrire les vers —très médiocres — dullallet des Incompatibles.^ Rien n'est moins exact; et l'on va voir que la rectification absolue de celte erreur ne sera pas sans profit pour Fhistoire de la poésie française en province au dix-septième siècle.
Oh! non, les poètes ne manquaient pas en Languedoc, à la cour de Conti surtout! Il en est jusqu'à dix que je pourrais nommer parmi les membres des États, généralement fort lettrés, et, sans aller si loin, sans sortir du Ballet des Incompatibles même. Cette statistique aura du bon — ne fût-ce que pour donner une idée de la bonne compagnie à la tête de laquelle était Molière en ce temps et en ce pays-là.
Les quinze '^ entrées " en deux parties ", dont >;e compose le Ballet des Incompatibles, mettent en scène soixante-deux personnages ou types tenu> par trente-cinq figurants, savoir : — six officiers de la maison militaire du prince de Conti; treize gentilshommes languedociens dont plusieurs remplissent des fonctions auprès du