LA FEMME DE CESAR BORGIA AU CHATEAU DE LA MOTTE-FEUILLY
J'étais à Nohant au moment où les journaux du Berry annonçaient la vente de l'antique manoir de la Motte-Feuilly qui fut, au commencernent du xvi° siècle, la résidence de Charlotte d'Albret, duchesse de Valentinois, l'épouse de César Borgia. Je savais, qu'à la mort de Charlotte, le corps avait été transporté à Bourges, mais je n'ignorais pas non plus que son cœur, ce qu'il y avait de meilleur en elle, était resté au lieu même où, exilée volontaire, elle avait caché son abandon; abandon, hélas! tellement complet, qu'à peine les historiens nous ont-ils donné la date du jour où disparut cette infortunée, comme si le récit d'une vie pure et simple, d'un sacrifice • pieusement accepté, étaient moins dignes de
passer à la postérité que les scélératesses d'un Borgia.
Eu quelles mains va tomber le castel à jamais historique de la Motte-Feuilly, et ce qui reste de ce qui fut un pur chef-d'œuvre de la Renaissance, c'est-à-dire du mausolée de la femme de César ? Est-ce entre celles d'un Bouvard, d'un Pécuchet ou d'un homme respectueux du passé? Je l'ignore. Quoiqu'il en soit, il m'a paru qu'il y avait là autour de Nohant un coin curieux à visiter, un hommage à rendre à l'une des plus belles femmes de son époque, comme aussi à l'une des plus innocentes victimes du bâtard du pape Alexandre VI et du roi Louis XII.
Quelques années avant la fin du xvie siècle, Charlotte d'Albret quitta jeune la Navarre pour la coup du roi, à Paris. Elle y connut et vécut dans l'intimité des deux reines, Jeanne de France et Anne de Bretagne. Celle-ci s'occupait déjà de former les lîlles d'honneur qui devaient être attachées à sa personne aussitôt après son élévation à la dignité royale. « C'estoit, dit le P. Hilarion de Coste, une eschole de vertu, une académie d'honneur. Là, les premiers seigneurs non seulement de France et de Navarre, mais aussi des pays étrangers, tenoient à très grande faveur de mettre leurs enfants auprès de cette grande reyne, qui comme une autre Vestaou une lutre Diane, tenoit ses nimphes à une discipline
fort estroite et néanmoins pleine de douceur et de courtoisie 1.»
Charlotte fut une de ces « nimphes ». Elle devait être fort jolie, car la réputation de sa beauté était venue jusqu'à Brantôme, un fin connaisseur. En disant que c'était une des plus belles filles de la cour du roi de France, il eût bien pu ajouter qu'elle en était une des plus vertueuses, car il ne lui décoche aucun des traits qui le rendirent redoutable aux hautes et très grandes dames de son temps.
Charlotte d'Albret a été si fidèlement l'amie de Jeanne de France qu'elle a dû recevoir les confidences de cette malheureuse reine, aujourd'hui béatifiée. Le roi Louis XII, son époux, après vingt-deux ans de mariage, mais d'un mariage stérile, voulut absolument s'en séparer. Était-ce parce qu'il aimait Anne de Bretagne ou la province de ce nom qu'Anne apportait en dot ? Machiavel prétend que c'était la province. Mais, pour répudier la reine, il fallait l'autorisation papale. Après tant d'années d'une union paisible, c'était difficile à obtenir. Mais le souverain pontife de
1. Les Éloges et les vies des reynes, des princesses et dames illustres qui ont fleuri de notre temps et du temps de nos pères en piétié, en courage et en doctrines, par le père Hilarion de Coste. Paris, MDCXLVH.
cette époque était Alexandre VI. Que pouvait-on offrir à Rome en échange d'une bulle permettant le divorce? On y voulait une étroite alliance avec la France, et l'on s'empressa de l'offrir.
Jeanne de France fut sommée de comparaître à Tours, puis à Amboise, pour entendre prononcer sa séparation devant un tribunal apostolique composé de délégués du pape. Elle se défendit avec énergie et trouva dans le cours de son procès des paroles que Catherine d'Aragon semble avoir répétées dans le Henri VIII de Shakespeare. On voulut la soumettre à un odieux examen de matrones gagnées à la cause du roi, comme l'étaient aussi les délégués du pontife. Elle s'y refusa. Brantôme fait à ce sujet une amusante remarque : « Cette princesse se montra très sage et n'en fit la réponse de Richarde, femme de Charles le Gros, lorsque son mari la répudia, affirmant par serment et jurement ne l'avoir ni connue ni touchée. — Or, cela va bien, dit-elle, puisque, par le serment démon mari, je demeure vierge et puce! le. »
Le 17 décembre 1498, dans l'église de Saint- Denis d'Amboise, la sentence du divorce fut prononcée, et Louis XII épousait Anne de Bretagne.
La bulle avait été libellée à Rome peu de temps après le jugement. César Borgia s'en empara,
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offrant de la porter lui-même au roi Louis XII, avec l'espoir que sa complaisance lui vaudrait plus d'une faveur. César s'embarqua à Ostie le 14 octobre 1498, sur les royales galères envoyées expressément de Marseille pour le transporter. En arrivant à Paris, son premier soin fut de remettre au premier ministre, l'évèque d'Amboise, un chapeau de cardinal. Puis, en échange de la bulle, il reçut l'investiture du duché de Valentinois, le brevet d'une pension de vingt mille livres et une somme semblable pour i'équipement d'une compagnie de cent hommes d'armes, Ce n'était pas assez. Frédéric, roi de Naples, avait rejeté avec indignation lademande qu'Alexandre VI avait faite pour son fils de la main de la princesse de Tarente, sa fille. Qu'imagina alors Louis XII pour guérir la blessure faite à l'amour-propre du pape? Il offrit à César sa propre cousine, la belle Charlotte d'Àlbret, qui venait d'atteindre sa dixneuvième année. Cette union faisait d'un personnage étranger presque un prince français. On s'empressa de la conclure, car le futur époux paraissait fort épris, et on la célébra avec une pompe inouïe, à Chinon, le 12 mai 1490.
Messire de la Mark, maréchal de France, qui a raconté l'entrée triomphale de César Borgia à Chinon, a terminé son récit par une anecdote
dont les expressions choqueraient aujourd'hui notre bon goût, mais qui dans ce temps-là étaient monnaie courante. La voici, aussi décemment résumée que possible :
La veille de son mariage, le duc de Yalentinois demanda quelques conseils et des remèdes au pharmacien de la cour ; mais celui-ci se trompa sur les derniers et remit au duc, au lieu de ce qu'il désirait, une composition qui le rendit malade toute la nuit. « Comme les dames en firent au matin le rapport, je n'en dirai rien, raconte le malin chroniqueur. Je ne dirai rien non plus des vertus et des vices du duc, car on en a assez parlé. »
Yalentinois dut prendre la chose très gaiement et ne voir dans cette mésaventure qu'un accident passager, car, par courrier spécial, il envoyait aussitôt à son père une longue dépêche dans laquelle il racontait très joyeusement sa première nuit de noces, sans négliger de faire l'éloge des charmes de sa jeune femme, dépeints par sa plume con amore. Cette lettre fut remise au pape le 23 mai, onze jours seulement après la cérémonie du mariage, et Alexandre VI s'en amusa beaucoup avec son maître des cérémonies dom Burhard. C'est du moins ce que ce dernier raconte.
Jamais alliance plus monstrueuse ne s'était vue. D'un côté, le sacrilège, l'inceste, l'assassinat poussé jusqu'au fratricide. De l'autre, l'innocence, la pureté et un cœur soumis sans restriction à ce que l'on exigeait de lui. A n'en point douter, Charlotte d'Albret s'éprit comme tant d'autres femmes de l'homme qui lui était présenté par son cousin, un roi ! Elle fut séduite par la jeunesse du fiancé, sa prodigalité, sa bravoure, l'éclat de sa maison. Loin d'être l'épouvantail aux yeux vipérins, au visage repoussant et suant le crime, tel que le représente Paul Jove, César était un cavalier magnifique, à l'esprit subtil, à la gaieté intarissable, lutta festa. Machiavel affirme qu'il était plus beau que le duc de Gandia, son frère et sa victime, mieux encore que le roi Ferdinand, qui passait pour l'homme le plus séduisant de la péninsule. On a dit du père qu'il attirait les femmes à lui avec la même force que l'aimant attirait le fer. César avait ce même pouvoir. Et quels soins il donnait à sa personne et à ses costumes ! Quels magnifiques chevaux il montait! Pour éblouir la cour de France il fit son entrée à Chinon avec des mules caparaçonnées de velours, aux housses brodées de perles et aux ferrures d'argent.
Après combien de jours ou de mois de mariage le duc de Valentinois quitta-t-il la France et sa jeune femme pour ne plus revoir jamais ni l'une ni l'autre? Les uns disent quelques jours à peine; d'autres, quatre mois. De toute façon, il resta fort peu de temps auprès d'elle, trop peut-être, car un chroniqueur non suspect, le père Hilarion de Coste, écrit ceci: « La sage et vertueuse Charlotte d'Albret n'eut pas peu à souffrir avec César Borgia, son mari, pour ses mauvaises mœurs et déportements. »
A cet abandon imprévu, devant l'écroulement de ses rêves d'amour et de grandeur, la duchesse de Valentinois se sentit mortellement frappée au cœur. Comme ces orages qui, pendant de longs
jours troublent la limpidité du ciel, la paix de son âme s'était évanouie. Peut-être fut-elle heureuse de se sentir violemment frappée pour trouver dans la mort l'oubli et le repos.
Du moins, une voix amie avait-elle prévenu discrètement la jeune fiancée de quelle boue était formé l'homme auquel on allait la livrer ? Ce n'est pas probable. Elle fut présentée à César Borgia lorsque la reine Jeanne, sa protectrice, avait déjà quitté la cour de France. Louis XII, enivré par la possession longtemps convoitée de sa seconde femme, ravi d'avoir annexé la Bretagne à sa couronne, eût fait peser lourdement sa main sur quiconque eût mis des empêchements à son désir de contenter Alexandre et César. Celui-ci avait secrètement appuyé le divorce de Louis XII ; il savait qu'on aurait besoin de lui en Italie si les Romagnes se soulevaient ; aussi put-il demander sans vergogne de l'argent, des bénéfices, un titre, et enfin la plus pure des filles d'honneur d'Anne de Bretagne, sachant bien que rien ne lui serait refusé.
Pour les deux Borgia, Charlotte n'était que le lien qui resserrait leur alliance avec la monarchie française. Et, pour que personne n'en doutât, on vit, aussitôt après le mariage, César signant ses actes: César de France; à son écusson, por-
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tant le bœuf des Borgia, il ajouta les lis. 11 en fit litière.
La duchesse de Valentinois ne songea bientôt plus qu'à quitter une cour trop pleine du souvenir de l'homme qui lavait délaissée. Elle s'y trouvait sans amies ; la seule qu'elle y eut intimement connue, l'ex-reine Jeanne, devenue simplement duchesse de Berry, s'était retirée au couvent des Annonciades de Bourges. Pour s'en rapprocher, pleurer avec elle, Charlotte acheta dans cette même province du Berry, des seigneurs de Gulan et par acte du 20 juin 1504, les terres de la Motte-Feuilly, Xérez et Feuzines, moyennant la somme de vingt-huit mille livres tournois. Une enfant du nom de Loyse était née de son union avec César.
Toutes deux vinrent habiter le premier de
domaines après un court séjour à Issou-
dun, dont César était devenu seigneur par son
mariage.
Au temps où la duchesse de Valentinois vint à la Motte-Feuilly, de grands bois couvraient le <. Les loups le peuplaient, et la principale et unique pièce d'eau que l'on vît dans le voisinage, l'étang de Rongères, n'était animé que par des passages de grues qui se plaisent sur ces rives désertes. S'il est un ciel presque toujours
exempt de tempête, une atmosphère tiède et calme, des nuits silencieuses, des levers et des couchers de soleil empreints d'une grande tristesse, c'est bien dans cette région du centre de la France qu'on les rencontre. A celle qui voulait oublier le monde et s'en faire oublier le site convenait. La duchesse s'en éloignait parfois pour se rendre, à cheval ou en litière, à Bourges, aux Annonciades. Elle s'y rencontrait avec François de Paule et une compagnie de femmes de qualité également éprouvée par des tristesses morales. Citons : l'ex-reine de Hongrie, séparée de son ro}Tal époux comme Jeanne de France l'était de Louis XII. Mesdames de Chaumont, Jeanne Mallet de Gréville, d'Aumont et bien d'autres grandes dames.
Fortifiée par les témoignages de sympathie dont on l'entourait, elle reprenait le chemin de sa retraite avec le pressentiment d'une fin prochaine.
Cette retraite n'était pas cependant dans les conditions de simplicité que ce mot pourrait faire supposer. Charlotte d'Albret, duchesse de Valentinois, sœur et cousine de roi, y vivait avec un appareil princier. Espérait-elle y voir arriver un jour le duc, son époux? Ce n'est pas douteux, lorsqu'on a lu l'inventaire du riche mobilier
qu'elle avait à Lamotte-Feuilly *. Ses écuyers étaient au nombre de cinq : Claude de la Perrière, seigneur de Billy; Rémond de Grossoles, seigneur d'Asques ; Jehan de Marcial, seigneur de Montaboulin : Pierre de Régnard, seigneur de Maray ; François Amignon, seigneur de Cloys. Quatre filles d'honneur : Catherine de Régnard, Marie de Lavoyne, Marie de la Perrière et Madeleine de Mazellon. Il y avait en outre : un aumônier, un receveur, un clerc de l'argenterie, un sommelier de la paneterie, un sommelier de l'échansonnerie, un tailleur, un tapissier, un clerc de dépenses, doux cuisiniers et un boulanger. Loyse avait sa gouvernante.
L'office de clerc de l'argenterie n'était pas une sinécure, car, toujours d'après l'inventaire remis en lumière par M. Edmond Bonnafé, on trouva dans les coffres de Lamotte-Feuilly treize pièces d'orfèvrerie en or massif, treize pièces en cristal de roche et trois cent trente-quatre pièces en argent, presque toutes travaillées avec art; beaucoup étaient espagnoles ou italiennes. Entre les morceaux rares, il faut citer un bénitier en agate, à anse, avec une garniture en vermeil, évalué à
1. Inventaire de la duchesse de Valentinois, Charlotte d'Albret, publié par M. Edmond Bonnafé. Paris 1878. A Quantin, imprimeuréditeur.
huit mille écus d'or ; des coffres d'ivoire et de senteur, une épinette et des bijoux de toute sorte. Quatre-vingt-huit tapisseries de Felletin, de Normandie, de fil d'or, de soie et de satin cramoisi, décoraient les salles et les chambres du château. Charlotte aimait le velours, les draps riches, le satin, les fines toiles, les fourrures d'hermine et de martre zibeline. La selle de sa haquenée était recouverte de drap d'or et de velours cramoisi. Quand le temps l'empêchait de sortir à cheval, elle se servait d'une litière toute doublée en dedans de satin vert et traînée par deux chevaux caparaçonnés de velours.
Charlotte d'Albret faisait autour d'elle d'abondantes aumônes. Les voyageurs qui allaient pédestrement à Château-Meillant ou dans d'autres localités du Berry recevaient toujours des secours de route à la Motte-Feuilly. Un grand bahut placé à la porte de la cuisine était rempli de reliefs distribués journellement aux pauvres. Comme elle était très riche, son bonheur était de marier ses demoiselles d'honneur. Elle les dotait, et à sa mort on trouva dans sa chambre un coffre d'objets destinés à habiller les « espousées : ceintures d'orfaverye, aulmosnières, gorgerettes, coeffes et thourets aux fils d'or ».
En l'an 1507, elle perdit sa royale et meilleure
amie, Jeanne de France, et sa douleur dut être bien profonde, car, dès ce moment, elle se condamna à la réclusion. On ne la revit plus dans la capitale du Berry.
Deux ans plus tard, elle apprenait la mort tragique de César Borgia.
On pourrait supposer qu'ayant été abandonnée et maltraitée, Charlotte d'Albret, libre désormais à vingt-cinq ans, riche, très belle, s'empresserait de retourner à la cour de France pour y prendre un mari de son choix. Il n'en fut rien. N'ai -je pas dit qu'elle aimait Borgia? Elle l'aimait d'un amour tellement profond qu'elle en mourut. Aussitôt veuve, elle se couvre de vêtements noirs, et son entourage doit l'imiter. Les meubles, en velours écarlate et jaune, les couleurs de César disparaissent ou sont recouverts de housses sombres. Des tentures noires tapissent les murs de la chambre à coucher de Charlotte; son lit se couvre de satin noir. En deuil la chapelle et les ornements du culte; en deuil la selle de sa haquenée, ainsi que la litière et les harnais de ses chevaux. Sa jeune enfant, Loyse, voit le damas écarlate de sa couchette remplacé par une serge noire.
Ses pressentiments d'une fin précoce devaient bientôt se réaliser.
Le 11 mars 1514, Charlotte d'Albret, à peine âgée de trente-deux ans, rendait son âme à Dieu. Elle mourut entourée de sa fille, de sa maison et de quelques pauvres familles de paysans admises à prier Dieu pour elle dans la cour du château. Sa dépouille mortelle fut transportée à Bourges et placée près de celle de Jeanne de France. Quand vint la tourmente révolutionnaire, les deux tombes furent profanées et ce qu'elles contenaient disparut dispersés à tous les vents.
Par testament, la veuve de César Borgia institua sa fille Loyse sa seule héritière, ordonnant qu'en raison de sa jeunesse on la remît aux mains de Louise de Savoie, madame d'Angoulême, mère de François Ier. Le 17 avril lolT, Loyse épousait le chevalier sans reproche Louis II de la Trémoïlle vicomte de Thouars et prince de Talmont. Il mourut en combattant à Pavie. Sa veuve se remaria à trente ans à Philippe de Bourbon, seigneur de Busset, fils aîné de Pierre de Bourbon.
Loyse, étant encore princesse de Talmont, voulut perpétuer le souvenir de sa mère au lieu même où celle-ci mourut, et elle passa avec un « tailleur d'images », Albert Claustre, le contrat que voici et que je reproduis textuellement afin de donner une idée de l'œuvre :
« Fera ledit Claustre un tombeau dont le sou-
bassement sera de marbre noir et les piliers seront aussi de marbre noir, taillés à l'antique et à candélabres. A l'environ duquel tombeau sera mis les sept vertus qui seront d'albâtre, dont y aura en chaque côté trois, et au bout du haut, une là. Où sera une épitaphe telle qu'elle sera baillée et au bout d'en bas seront les armes de la duchesse de Yalentinois, et par-dessus sera une tombe de marbre blanc sur laquelle sera le personnage de ladite duchesse en façon de dame gisante, lequel personnage sera d'albâtre, et sous la tête duquel personnage sera un carreau double, et aux pieds, deux petits chiens, lequel tombeau sera mis en la chapelle de la Motte-Feuilly, étant en l'église paroissiale dudit lieu. Et, en outre, fera ledit Claustre une image de Notre-Dame-de- Lorette avec chapelle, le tout d'albâtre, qui aura le tout ensemble quatre pieds de hauteur et de largeur à la raison. Pour lesquels ouvrages ladite dame de la Trémoïlle a promis audit Claustre la somme de cinq cents livres tournois pour toute chose. Ce fait et passé au château de Thouars, le G avril 1521. »
Ce mausolée devait être célèbre, car trois iconoclastes imbéciles, étrangers à la Motte-Feuilly, vinrent, en 1893, décapiter la statue qui le décorait , et briser sur les dalles de la chapelle
les piliers de marbre aux fines ciselures, les médaillons en relief représentant allégoriquement les sept vertus principales de Charlotte d'Albret.
L'ancienne châtellenie de la Motte-Feu illy s'est transformée de nos jours en une modeste commune de cent vingt-six habitants. On arrive au manoir par un sentier plein d'ombre, émaillé de pâquerettes, et, dès le premier coup d'œil, on se sent transporté dans le passé. La porte d'entrée a gardé ses mâchicoulis, mais elle a perdu son pontlevis, deux grosses tours et une enceinte crénelée. Les fossés ont été en partie comblés : l'eau qui les remplissait coule maintenant, peuplée de cygnes et de sarcelles, dans un parc feuillu et touffu à profusion.
Le château et ses dépendances sont relativement modernes, et ils passeraient inaperçus s'ils n'étaient accolés au plus aristocratique des don-
jons, ainsi qu'à deux lourds et très anciens piliers se terminant en arcades. Ces piliers supportent un oratoire, de style gothique, où les premières châtelaines de la Motte-Feuilly durent s'agenouiller, car, dès le commencement du xnr3 siècle, il est question dans les chroniques berrichonnes d'un seigneur de ce nom. Combien de fois, dans les derniers jours de sa courte existence, la duchesse de Valentinois, sortant de son appartement par la petite porte hérissée de clous que l'on voit encore, montant avec tristesse les marches de pierre aujourd'hui presque disparues d'un étroit escalier, a dû prier et sangloter devant l'autel de cet oratoire!
L'extérieur du donjon a gardé son ancien hourdage en charpente et planches verticales. Intérieurement, il est admirablement préservé. A peine si les gradins de l'escalier portent trace de passage. Au premier comme au second étage sont deux chambres prêtes à habiter; elles ont leurs cheminées à manteau élevé, mais sans aucun ornement architectural. Deux fenêtres les éclairent assez peu. Tout auprès de ces ouvertures, encastrés dans la muraille, se trouvent deux bancs, les sièges de pierre d'où Charlotte pouvait découvrir l'horizon.
Une échauguette ou lanterne en forme de poi-'
vrière est placée au sommet du donjon; immédiatement au-dessous, sur des poutres à jour laissant voir le vide et convergeant vers le centre, se dresse un instrument de torture, un cadeau peut-être, sui generis, de César à sa femme. C'est un cep ou carcan, l'un des signes visibles, avec les fourches patibulaires et le pilori, du droit de haute justice. Il est là comme une araignée gigantesque au milieu de sa toile.
Avant de se rendre à l'église paroissiale, but final de l'excursion, il faut parcourir le parc, plein de riches essences et s'ouvrant sur des points de vue d'un grand effet. Il faut en jouir, car au delà s'étendent les Chaumois, landes d'une grande tristesse, imprégnées des acres senteurs des genêts, des ajoncs et des bruyères roses.
Au centre du parc, à deux pas du château, est resté debout un témoin muet de la tristesse de la duchesse de Yalentinois et des ébats enfantins de sa fille Loyse. C'est un if colossal, aux racines monstrueuses, quatre ou cinq fois centenaire, et ne tenant debout, comme un vieillard, qu'à l'aide de béquilles. Pour l'étayer il a fallu employer des poutres et des blocs de roche. Des baies d'un rouge écarlate, se détachant ainsi que des gouttelettes de sang sur le vert sombre du feuillage, attestent que sa sève est loin d'être épuisée.
164 Al'TOrR DE NOUANT.
L'église est à cent pas du château . Un sentier couvert y conduit. En entrant, au pied de l'autel, sont deux tombeaux dont les larges dalles noires ne portent aucune inscription. Deux membres de la famille de Bourbon-Busset y reposent. Adroite, formant un des bras de la croix que toute église bien construite doit figurer, se trouve la petite chapelle édifiée en 1521 par le célèbre tailleur d'images Claustre. Elle est complètement vide... C'est pourtant dans cette chapelle que s'élevait le magnifique tombeau de la duchesse. Il n'en reste que deux médaillons en marbre, représentant la Force et la Tempérance. Les socles fleuris qui les supportent sont intacts, mais ils ont élé outrageusement badigeonnés de blanc par quelque plâtrier en démence.
La sacristie, de construction récente, forme le bras gauche de la croix. Et c'est là, oui, c'est bien là que se trouve la statue de Charlotte. Qu'y fait-elle? Comment n'est-elle pas dans la chapelle construite expressément pour l'abriter? Elle est debout, appuyée dans un angle, ayant pêle-mêle à ses pieds, dans un désordre inqualifiable, les médaillons, les corniches, un modèle bien réduit mais très bien conservé de la sainte maison de Lorette et d'autres fragments informes du splendide tombeau.
LA FEMME DE CÉSAR B0RG1A. ltjû
La dalle funéraire qui recouvre le cœur est si mal placée qu'il est impossible de la découvrir si on ne vous l'indique pas du doigt. Elle devrait clairement montrer au visiteur que là gît le « cueur de très haute et très puissante dame Charlotte Dalbret, en son vivant vefve de très hault puissant prince Domp Cesard, duc de Valentinois, comte de Diols, seigneur d'Issouldun et de la Motte de Feuilly laquelle trespassa à sond lieu de la Motte... du mois de mars, l'an de grâce mil cinq cent quatorze. »
A qui revient la faute d'une telle transformation de la chapelle? Qui accuser du délaissement de la statue dans la sacristie? Le nom des coupables est au bout de ma plume, mais ils sont morts. La pauvre Charlotte d'Albret était vouée aux abandons.
Malgré les siècles, l'albâtre du mausolée a gardé son admirable teinte. A peine si une patine légèrement dorée en ternit l'éclat. La statue a été réellement décapitée; son visage est broyé par les coups de marteau; sa couronne ducale a perdu presque tous ses fleurons, et cependant l'ensemble n'en reste pas moins empreint d'une grande majesté, d'une majesté résignée. La duchesse de Valentinois, avec ses cheveux tressés qui encadrent son visage défiguré, .^es mains fort belles et pieu-
sèment jointes, son long manteau de cour, sa robe traînante serrée à la taille par la longue ceinture qne portaient les nobles dames de son temps, semble attendre l'heure d'une réparation.
Les États-Généraux de 1614 — les derniers de l'ancienne monarchie — qui devaient aplanir toutes les difficultés, n'avaient fait qu'aviver les haines toujours inassouvies entre catholiques et huguenots.
A titre de souvenir, voici comment le Berry y fut représenté. Pour le clergé : l'archevêque André Frémiot et Guillaume Foucaut, grand-archidiacre de l'église de Bourges; pour la noblesse : Henri de La Châtre, MM. de Rhodes et de Nançay; pour le tiers-état: François Le Mareschal et Daniel Millet, trésoriers-généraux des finances; Gabriel Picault, conseiller au présidial; Vincent Sarrazin, président en l'élection; le maire, Louis Foucaut, et deux échevins, Claude Bourdaloue et Claude Lebègue.
Les Etals-Généraux se clôturèrent .--ur une lettre
de Marie de Médicis; elle y témoignait de « l'indicible contentement qu'elle avait reçu de la bonne volonté des trois ordres ». Il ne pouvait en être autrement, les députés ayant accordé tout ce qu'elle leur avait demandé.
Ce n'était point une telle missive qui pouvait satisfaire l'un des princes les plus remuants de l'époque, Gondé, Henri de Bourbon, deuxième du nom. Aussi, dès le mois d'octobre 1615, il est déjà en Picardie à la tête d'une armée qu'il entraîne en Berry, où ses soldats se conduisirent comme des soudards en pays conquis. Le traité de Loudun mit fin à de tels désordres.
En 1616, Gondé fut nommé gouverneur et lieutenant-général du Berry; il dut en grande partie ce titre à son acquisition dont il est parlé plus haut, au prix de quatre cent trente-cinq mille livres, du magnifique fief de Déols-Ghauvigny, dévolu par héritage aux grandes familles de Latour, Landry et d'Aumont. Entraîné dans le parti des mécontents par le maréchal de Bouillon, le prince vint pendant quelques mois dans son duché, où, avec le duc de Sully, vieux et en disgrâce comme lui, tous les deux cherchèrent par quels moyens ils se vengeraient de Marie de Médicis, la reine mère, et du maréchal d'Ancre, son favori. Revenu à Paris et conspirant toujours,
il fut arrêté à la sortie d'un conseil aux Tuileries et enfermé à Yincennes.
Bourges, qui s'était déclarée en faveur de la reine mère, ouvrit ses portes au maréchal de Montigny, que Louis XHI y avait envoyé avec le titre de gouverneur. En même temps, le roi érigea en duché-pairie le marquisat de Châteauroux, les baronnies de La Châtre et de Saint-Chartier, la seigneurie de Déols, celle-ci bien déchue de sa splendeur des siècles précédents, ainsi que plusieurs autres fiefs, le tout sous le titre de duché de Châteauroux.
La mort du maréchal d'Ancre, assassiné dans la cour du Louvre, rendit la liberté au prince de Condé. Sa politique changea : dans la secrète espérance de régner un jour sur la France, Louis XIII n'ayant pas d'enfant, il devint un catholique fervent et un modèle de fidélité à la couronne. Sans cesse désireux d'accroître sa puissance dans le centre de la France, il acheta de Sully la ville de Montrond, Orval, Culant, Le Châtelet, La Roche-Guillebault et La Prugne-au- Pot. Il fallait payer comptant toutes ces terres; mais comme ce Condé était d'une grande avarice, il suscita au roi l'idée fort malhonnête de confisquer tous les biens de Sully à son profit, au profit de lui, Condé, bien entendu. Le souverain
s'y refusa. Il acheta encore la terre de Sancerre, vendue forcément par le comte Jean de Beuil, et dont il ne prit possession qu'en 1641. Avec cette immense fortune, le prince, ainsi que je l'ai dit, était d'une lésinerie extrême.
Aimant fort la jeunesse, il fréquentait les étudiants qu'il trichait au jeu, et par lesquels il se laissait payer à souper. Ses ennemis prétendaient qu'il avait l'âme d'un intendant de bonne maison. Gomme il aimait le plaisir et les distractions, il entretenait à Bourges deux troupes de comédie, l'une française, l'autre italienne. On a le souvenir d'une troupe ambulante qui, en 1G21, donna à Bourges quelques pièces de théâtre dont on n'a plus les titres. Cette troupe s'intitulait les Tragiques Histrions de Sa Majesté; une autre s'appelait les Comédiens français. Le prince avait en outre une fort belle vénerie et un équipage de fauconnerie. Par cette vie pleine d'amusements et de distractions de toute sorte, il cherchait, croit-on, à se faire oublier du cardinal, qui, l'œil toujours vigilant, le considérait comme un ambitieux capable de tout entreprendre si une occasion favorable d'augmenter sa puissance venait à se présenter.
Sa joie fut grande lorsque sa femme, Marguerite de Montmorency, lui donna, le 7 septem-
SAINT-AMAND-MONTROND. i 73
bre 4621, un fils, celui qui devait être un jour le grand Gondé. L'héritier de ce nom fut conduit, en grande pompe, à Montrond, dont l'air ce doux et bénin, » a dit un serviteur du prince, devait admirablement lui convenir.
En août 1628, une nouvelle peste, plus terrible que les précédentes, vint jeter la terreur chez tous les habitants du pays berrichon.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
Au présidial, il ne resta qu'un conseiller; du clergé, deux membres seulement; de l'Université, un seul docteur en médecine, Jacques Lebloy. Quatre jésuites, quatre capucins et un seul prêtre séculier affrontèrent l'épidémie pour porter les secours spirituels aux malades. Tous les autres avaient pris la fuite, ainsi que six mille habitants de la ville de Bourges. Malgré tant de calamités, il fallut que les survivants, misérables et appauvris, célébrassent en grande pompe et avec des transports de joie les fêtes prescrites par le roi à l'occasion de la prise de La Rochelle.
Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre !
Le jeune prince de Condé, ou plutôt le duc d'Enghien, fit de fortes études à Bourges au
collège des jésuites; puis il s'installa au château de Montrond, l'ancienne magnifique résidence de Sully, transformée si bien en forteresse qu'elle fut le dernier et l'un des puissants refuges des chefs de la Fronde. Très amateur de chasse, il sut réprimer cette passion sur un simple avis que lui donna son père, et la réponse qu'il fit à ce dernier indique déjà avec quelle facilité le futur héros de Rocroy pouvait passer d'un grand entraînement à un calme parfait.
« J'ai entretenu, il est vrai, répondit-il à son père, plus de chiens que le besoin ou le plaisir de la chasse n'en exigeait : vous pardonnerez cette faute à ma première ardeur pour cet exercice. C'est une manie ordinaire à tous les hommes, dès qu'ils sont épris de quelque chose, de rassembler inconsidérément tout ce qui s'y rapporte, et de le dédaigner ensuite. Je ne m'étais pas encore aperçu de cette folie; le lendemain du jour où j'ai reçu votre lettre, je me suis défait de tous mes chiens, excepté de neuf, que vous me permettrez de garder. » Cette épître était écrite en langue latine, comme toutes celles que le duc écrivit jusqu'en 1636. C'était d'après l'ordre de son père.
Lorsque le duc d'Enghien quitta le château de Montrond, ce fut pour apprendre le métier des
armes sous les maréchaux de Chaulnes, de Châtillon et de La Meilieraye. A vingt-cinq ans, il avait gagné la bataille de Rocroy, pris Thionville, Dunkerque, réduit Philisbourg et Mayence, et assisté à la bataille de Nordlingue. Lorsque son père mourut, le jeune duc hérita du titre de prince de Condé, et avec ce titre, des gouvernements du Berry et du Bourbonnais, de ceux de Bourges, de Champagne, de Brenne, et d'un nombre considérable de seigneuries, sans compter le duché de Château roux et le comté de Sancerre.
C'est alors qu'éclata la lutte entre le parlement uni à la noblesse et la régente Anne d'Autriche liée au cardinal de Mazarin. Bourges garda sa fidélité traditionnelle à la royauté. Quant au prince de Condé, « après avoir hésité trois jours et s'êlre repenti trois cents fois », a dit de lui le duc de Rohan, il prit d'abord parti contre le cardinal, puis pour la cour, et, finalement, il fut arrêté au Louvre, et conduit, comme son père, prisonnier au donjon de Vincennes, en compagnie du prince de Conti, son frère, et du duc de Longueville, son beau-frère.
François de Beauvilliers, comte de Saint-Àignan, fut nommé aussitôt gouverneur du Berry, ce qui n'empêcha point la princesse de Condé de venir
s'installer dans son château de Montrond et d'y fomenter la rébellion avec une rare énergie. La garnison de ce castel était assez forte pour se permettre des pointes jusqu'aux portes de Moulins, dans l'Allier; elle réussit à reprendre Bourges, propriété des Gondé, il est vrai, mais où les troupes royales tenaient garnison. Lorsque, en 1651, le prince quitta son donjon, il continua avec Conti et la belle princesse de Longueville à fronder la cour, et c'est encore dans ce château de Montrond que se réunirent les mécontents. C'était l'asile de ce qu'il restait de frondeurs, et il n'est pas jusqu'à l'aimable Rabutin, comte de Bussy, qui ne s'y rendît. « Je crois, écrivait-il de là, à sa cousine madame de Sévigné, que nous jouons aux barres; cependant, votre party est le meilleur, car vous ne sortez pas de Paris, et moi je vais de Saint-Denis à Montrond, et j'ai peur qu'à la fin je n'aille au diable. »
Si les frondeurs n'allèrent pas tous au diable, ils durent, du moins, se rendre aux troupes royales à la tête desquelles marchait Louis XIY, alors étincelant de force et de jeunesse; il entra à Bourges le 7 octobre 1651.
C'est en ce moment que le grand Condé, le prince de Conti, la duchesse de Longueville, les ducs de Nemours et de La Rochefoucauld furent
déclarés, de par le roi et le parlement de Paris qui ne le fit qu'en rechignant, désobéissants, rebelles et criminels. Le premier ordre du jeune souverain, en entrant à Bourges, fut pour la démolition de la grosse tour, massive forteresse qui, depuis son édification, n'avait cessé d'être prise et reprise par des chefs de partis politiques ou religieux. Il fallut neuf ans pour la raser du sol. Le château de Montrond mit deux ans à capituler, mais, avec lui, se rendit également le parti des mécontents.
Ce fut le dernier coup porté à la féodalité, et les grands jours d'Auvergne de 1655 en signalèrent les dernières convulsions. Le tiers-état, qui avait aidé la couronne dans cette œuvre, allait à son tour souffrir lourdement du despotisme royal. Par lettres patentes du roi-soleil, le receveur de Bourges, son avocat, son procureur, son greffier, ses trente-deux conseillers, les capitaines, lieutenants et sergents de la milice urbaine, furent remerciés ou plutôt démis de leurs fonctions au profit de créatures entièrement dévouées aux volontés absolues du roi.
Condé ne reparut plus en Berry; profondément atteint dans son orgueil qui était immense, le prince se mit à la tête des troupes espagnoles et se battit contre la France jusqu'en 1GS9, date du
traité des Pyrénées. Quant à Conti, il épousa prudemment la nièce du cardinal Mazarin, recevant en cadeau de noces le titre de gouverneur-général du Berry, titre si longtemps porté par son frère. L'épouse du prince rebelle, une de Maillé-Brézé, quoique ayant montré le plus grand dévouement à son époux aussi bien en Berry qu'en Guyenne, mourut délaissée après avoir été longtemps détenue dans la prison de Châteauroux, où son mari l'avait fait enfermer. Un page de son fils, parent de madame de Sévigné et de Bussy-Rabutin, aurait été cause de la détention sévère et peut-être imméritée de cette princesse.