TALLEYRAND-PÉRIGORD
Prince - duc de Talleyrand Duc de Dino
Dans la chapelle se trouve également le tombeau d'une nièce de Stanislas-Auguste, sœur de Joseph Poniatowski, fait maréchal de France à Leipzig. Une longue amitié l'avait lié à la famille du duc défunt.
L'ancienne châtellenie de Valençay comprend
encore aujourd'hui neuf mille hectares de terre et six mille hectares de forêts. Château et terre appartiennent au petit-neveu du prince de Talleyrand. L'heureux héritier a obtenu de Charles X l'autorisation de porter le titre de duc de Valençay.
Le château n'est habité que pendant les trois mois d'automne, à l'époque des grandes chasses auxquelles viennent prendre part les princes allemands alliés des Talleyrand, et c'est alors, mais alors seulement, qu'au son des trompes, aux aboiements des meutes, aux hennissements des chevaux, l'habitation ducale semble sortir de la tristesse qui pèse, avec le souvenir du prince défunt, sur ses dômes et sur les sombres forêts qui l'encadrent.
Un souvenir personnel.
Après avoir fait mon devoir comme simple garde national pendant le siège de Paris, je quittai cette ville pour l'Espagne, le 28 mars 1871, le lendemain même du jour ou M. Thiers donna l'ordre à la garde nationale fidèle à l'ordre, de désarmer, et aux troupes régulières de le rejoindre à Versailles.
Arrivé à une station voisine de Vierzon, je vis un jeune homme à tigure germanique, et d'allure militaire, mais vêtu en civil avec une rare élégance, s'approcher du compartiment où j'étais et
LE PRINCE DE TALLEYRAXD EN BERRY. i'il
s'y installer. Il était suivi de deux laquais en grande livrée, auxquels il donna des ordres en allemand.
A peine le train s'était-il remis en marche, que les yeux du nouveau venu s'arrêtèrent avec une curiosité manifeste sur un bon nombre de journaux de Paris épars, ouverts autour de moi. Dans la crainte de me les voir demander, j'en fis un paquet que je lançais avec empressement par la portière.
Je sus depuis que l'élégant personnage était un Allemand, allié à la famille des Talleyrand, lequel était venu visiter à Valençay les parents français qui s'y trouvaient.
Les éclai reurs de l'armée ennemie qui avaient poussé un raid jusqu'à Reuilly, n'y parurent point.