‹ Autour de Sainte-Helène (volume 2)Chapitre 12 sur 20 · LA COMTESSE DE ROHAN-MINIAG DE JERSEY · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE ROHAN-MINIAG DE JERSEY

royaunie, ayant accepté la pairie des Cent-Jours, mais qui n'en avait pas moins mie influence. Elle disait que M. de Valence était tuteur de son fils et elle espérait obtenir de lui de Fargent.

A Paris, elle descendit dans un hôtel de la rue de Rivoli, puis dans un appartement rue du Helder. Sauf une fugue de deux jours à Villers-Cotterets, rien à reprendre dans sa conduite. Elle avait encore rencontré un ami, un M. de Ganevaro, mais elle se servait de son nom pour de médiocres escroqueries .

Vers la fin de 1818, elle quitta Paris avec un certain capitaine Campbell, avec lequel elle se disait mariée en secondes noces et qu'elle donnait pour le Neil Gampbtïll « chargé en 1815 de la garde de Napoléon ». Sir Neil Campbell n'a jamais été marié, et s'il voyageait fréquemment en France, justement il ne paraît pas s'y être trouvé en 1819. D'ailleurs, de Lyon, où on signale son passage, la comtesse vient à Marseille, où elle s'embarque pour les Échelles. On la trouve à Constantinople, puis à Smyrne où le consul de France la fait embarquer « à cause de son inconduite honteuse ». A Marseille, où elle échoue de nouveau, sans aucun moyen d'existence, elle se livre pour s'en procurer aux intrigues galantes les plus basses. De Mar^ seille, la voici, en décembre 1819, à Bordeaux «■ où elle fait des dettes pour une assez forte somme » ; mais les dettes ne suffisent pas, et elle se mêle si bien d'escroqueries qu'en 1820 elle est condamnée à un an de prison.

On la rencontre encore en juin 1826 à Liverpool où, sous le nom de comtesse de Jersey de Rohan, <( elle jouit d'une considération que le consul de France a quelque raison de croire usurpée » ; démasquée à Liverpool, elle s'embarque pour Ostende, arrive à Gand, fait la connaissant d'un M. Rœlants Tricot, agent de change, à qui elle fait accroire qu'elle est recommandée à la maison Tricot par diverses banques anglaises, qu'elle a à faire des opérations de change considérables, qu'elle possède une fortune de plus d'un million, qu'elle doit recevoir 200000 francs d'Angleterre, qu'elle est à Gand pour y attendre Joseph Bonaparte qui doit revenir d'Amérique et pour lequel elle cherche un château. Pour entretenir la conhance de Tricot, elle lui propose de faire l'inventaire de ses bardes et diamants, ce qu'il accepte. Enfin, elle lui fait voir un acte, écrit à l'encre rouge, dans une langue inconnue : elle lui révèle que c'est un testament fait par Napoléon en faveur de son fils, testament par lequel il lui donne 40 000 £ (soit un million) dont elle doit toucher en Angleterre les intérêts échus depuis deux années.

A ce papier mystérieux, l'agent de change ne résiste pas : il donne tout l'argent qu'on lui demande et la comtesse loue une maison d'importance qu'elle meuble magnifiquement. Mais hélas! c'est la même chute qu'à Bordeaux, et elle obtient, du tribunal correctionnel de Gand, un an de prison — plus 25 florins d'amende.

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