‹ Autour de Sainte-HelèneChapitre 39 sur 58 · LE GENERAL GOURGAUD AU PRINCE EUGENE · texte numérisé non relu

LE GENERAL GOURGAUD AU PRINCE EUGENE

(minute sans date.)

Jaurais, aussitôt mon arrivée en Angleterre, eu Ihonneur d'écrire à Votre Altesse Impériale, si je n'avais craint de la compromettre en confiant ma lettre à la poste. J'ai attendu jusqu'à présent, qu'une occasion vînt se présenter: je suis heureux qu'elle me permette de joindre à Ihommage de mes sentiments pour Votre Altesse Impériale celui de l'ouvrage qu'après l'avoir presque entièrement écrit sous la dictée de Sa Majesté à Sainte-Hélène, je viens de publier. Nos ennemis y trouvent la réfutation de toutes leurs assertions, parce qu'ils ont voulu obscurcir la gloire des armée» françaises et de leur héroïque chef.

J'ai également l'honneur de renfermer dans cette lettre les copies de celles que j'ai écrites à Marie-Louise, à François et à Alexandre pour leur faire connaître l'état dans lequel se trouve le malheureux Napoléon et tâcher d'en obtenir au moins quelque adoucissement à ses maux; depuis- que je suis ici, je n'ai rien négligé de ce qui peut tendre à ce but, et si le succès ne répond pas à mes efforts, ce ne sera pas faute de zèle, ce ne sera pas non plus sans la consolation d'avoir contribué à entraîner l'esprit public en sa faveur.

On peut dire aujourd'hui que la grande majorité des Anglais se prononce contre la conduite de leur gouvernement à l'égard de leur illustre prisonnier.

Pour moi, après avoir perdu fortune, état et la possibilité de revoir ma patrie, je viens de faire à mon attachement à l'Empereur le dernier sacrifice qui me reste à lui faire, celui de mon uniquç refuge contre la persécution: je crains que la publication de ma lettre à 3Iarie, qui vient d'être insérée dans tous les journaux, n'aigrisse tellement le gouvernement contre moi qu'il ne profite de VAlien Bill pour m'expulser du territoire anglais. Le peu d'amis que j'ai m'ont conseillé de me tenir extrêmement sur mes gardes; au milieu

(II' Umt de peines présentes et de tant d'inquiétudes sur liivenir, je ne forme quun seul vœu, celui d'aller rejoindre \ ()tre Altesse Impériale.

.le n'ai pas besoin de lui dire si elle trouvera devant moi moi un cœur reconnaissant et un dévouement à toute éiii'cuve; la conduite de ma vie entière en est le plus sûr garant; j'ose donc prier Votre Altesse Impériale dé me faire siivoir si mon désir est indiscret ou si l'accomplissement en .'>l impossible. Si elle daigne l'agréer, je mettrai à me rendre auprès d'elle tout l'empressement qui ne sera pas t oalraire à l'utilité dont je pourrais être ici à Sa Majesté et ;mx ordres que Votre Altesse Impériale voudra bien me faire parvenir.

Je la prie, en attendant, de me permettre de mettre à ses Tiicds riiommage de mon respect.

^ A qui peut-on faire penser que le général Gourgaud écrivant à Son Altesse Impériale le Prince Eugène ait désigné par leurs simples prénoms : Marie ou Marie-Louise, Alexandre ou François, l'Impératrice, et les empereurs de Russie et d'Autriche? 11 y eût eu là une de ces aberrations qui exaspéraient l'Empereur, et une violation du protocole que le Prince Eugène n'eût, point tolérée. Rien que par là, la pièce est suspecte.

PIECES RELATIVES A LA MISSION ATTRIBUEB^l AU GÉNÉRAL GOURGAUD

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