SIR HUDSON LOWE A LORD BATHURST
5 août 1817.
Le général Bonaparte et l'un de ses officiers, le baron Gourgaud, sont à présent dans de très mauvais termes. Ils ne se sont pas vus ni parlé depuis cette quinzaine. Le général Gourgaud m'a adressé une lettre, requérant d'être envoyé au Cap, mais il a été avisé par les Bertrand de la retirer. Le général Bonaparte a dit qu'il ne serait pas surpris que Gourgaud mit fin à ses jours. Ce dernier est depuis longtemps profondément mécontent de sa situation dans la suite du général Bonaparte et en même temps il est mis hors de sens à la pensée de da disgrâce qui suivra, a son idée, l'abandon qu'il fera de lui. Il est jaloux de l'influence exercée sur le général Bonaparte par le général 3Iontholon et qui a été constamment exercée à son préjudice. Le général Gourgaud qui a l'habitude d'exprimer ses sentiments avec plus d'indépendance qu'aucun des membres de la suite du général Bonaparte, a fortement désapprouvé la lettre écrite par le général Bonaparte au comte Las Cases, disant que
* Forsyth, éd. angl., II, 188.
ce dernier ne méritait pas léloce fait de lui. Le comte Montholon qui était dans de pires termes avec le comte Las Cases que ne fut jamais le général, Gourgaud, a répété ces remarques au général Bonaparte, et, à ce que je pense, a ajouté quelque chose de plus de son cru. L'irritation produite par cela et par diverses autres causes a été excessive fit Gourgaud a dit qu'il ne voulait pas quitter lîle sans s'être mesuré le sabre en main avec le comte Montholon ou l'avoir souffleté.