LORD BATHURST A SIR HUDSON LOWE
Bureau des colonies, 13 décembre 1817.
Monsieur,
* Jai eu l'honneur de recevoir votre lettre du 5 septembre, en renfermant une adressée par le général Gourgaud à sa mère, dans laquelle il exprime son vif désir d'obtenir la permissioD de retourner en Europe et d'y résider avec sa famille.
La convenance avec laquelle cet officier s'est conduit pen- *dant toute la durée de sa résidence à Sainte-Hélène me fait "désirer de lui prouver, par toute lindulgence praticable, le sentiment que j'entretiens dune ligne de conduite si différente de celle des autres personnes de la suite du général ponaparte, et j'ai saisi la première occasion pour informer W^<^ Gourgaud que j'étais prêt, autant qu'il dépendait de moi, à donner toute facilité à l'exécution du dessein de son fils.
.Te suis conduit à croire, par la réponse de M""^ Gourgaud, (pie ses désirs coïncident entièrement avec ceux de son fils et que sa seule crainte est qu'on puisse l'empêcher à son retour de résider en France, auquel casle désir de sa famille serait de résider en Angleterre.
Je n'ai pour le moment aucun moyen de savoir quels p Mivent être les sentiments du gouvernement français relativement au séjour du général Gourgaud en France, mais je ne vois pas d'objection sérieuse à ce qu'il ré^de dans ce
pays-ci avec sa famille. Je vous donne donc sans difficulté pour instructions de lui permettre de retourner en Angleterre par la voie du Cap de Bonne-Espérance, et de lui faire connaître que, dans le cas où sa conduite continuerait dëtre caractérisée par la convenance qui l'a distinguée jusqu'ici, nulle objection ne serait faite à sa résidence en Angleterre, si le gouvernement français, auquel on adressera une demande à cet égard, refusait de Tadmettre en France. J'ai l'honneur, etc.
Signé : Bathl'rst.