‹ Autour du Catholicism socialChapitre 13 sur 106 · DEPLOIGE, Op. cit., p · texte numérisé non relu

DEPLOIGE, Op. cit., p

Il les sent embarrassés, ballottés entre un certain déterminisme dont ils tiennent à demeurer captifs et un finalisme auquel ils ne peuvent se défendre de consentir certaines concessions. Tout en aspirant plus haut et plus loin, les plus illustres d’entre eux s’accrochent au déterminisme parce qu'ils redoutent un certain arbitraire dans la détermination des fins. « S'ils connaissaient la théorie thomiste, écrit Mgr Deploige, ils se persuaderaient peut-être qu'elle leur offre un terrain de ralliement : ils en sont parfois moins loin qu'ils ne pensent !.»

Que dit en effet saint Thomas ? qu'il y a dans l'homme une série d’ « inclinations naturelles », spontanées, le portant à réaliser, dans le sens de sa nature, ses fins légitimes; que dès lors les fins de l’action humaine ne sont pas un idéal en dehors de toute prise. « Elles sont le terme vers lequel le sujet s’achemine d’un mouvement spontané; elles sont la nature même de l'être s’efforçant vers le mieux-être en suivant ses impulsions profondes... Ainsi la doctrine thomiste prend les règles de l’action dans l’observation de la réalité; car d’une part elle les découvre, à l’état de maximes universelles, dans la morale spontanée, pratiquée, vécue; d'autre part elle les explique, et du coup établit leur objectivité, en montrant leurs attaches avec les inclinations de la nature humaine, individuelle et sociale ? ».

L'observalion a donc son rôle à jouer, son mot à dire, pour cette parlie même de la science morale dans laquelle se dépense l'effort dialectique de saint

Page 1